Les congés payés au Togo constituent un droit garanti par le Code du travail, pas une faveur de votre employeur. Pourtant, beaucoup de salariés ignorent combien de jours ils accumulent, comment se calcule l’argent versé pendant leurs vacances, ou à partir de quand ils peuvent en profiter. Résultat : des droits perdus, des allocations sous-payées et des idées reçues tenaces.
Ce guide met les choses au clair. En effet, nous expliquons, article de loi à l’appui, la durée exacte des congés payés au Togo, leur mode de calcul, la fameuse allocation de congé, et les pièges à éviter, notamment celui du « rachat » de vos jours. Que vous soyez fonctionnaire, salarié d’une PME déclarée ou travailleur d’un petit atelier, ces règles vous concernent directement.
Combien de jours de congés payés au Togo ?
La règle de base est simple. Chaque salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congé par mois de travail effectif. Sur une année complète, vous atteignez donc 30 jours ouvrables, soit environ cinq semaines. Cette durée s’applique quel que soit votre secteur, sauf si votre convention collective ou votre contrat prévoit mieux.
En effet, la loi fixe un plancher, jamais un plafond. Un accord d’entreprise peut vous accorder davantage, mais il ne descend jamais sous ces 30 jours par an.
Ce que dit la loi : « Sauf dispositions plus favorables des conventions collectives ou de contrat de travail individuel, le travailleur acquiert droit au congé payé, à la charge de l’employeur, à raison de deux jours et demi par mois de service effectif. »
Source : Article 200, Code du travail 2021
Un point revient souvent : celui des absences. Certaines périodes où vous ne travaillez pas comptent quand même comme du « service effectif ». Par conséquent, elles ne réduisent pas vos droits à congé. La loi vise notamment :
- les absences pour accident du travail ou maladie professionnelle ;
- le congé de maternité de la salariée ;
- les périodes de grève ou de lock-out déclenchés dans le respect de la procédure légale ;
- le chômage technique ou économique ;
- la maladie constatée par un médecin agréé, dans la limite de six mois.
De plus, la loi ne déduit pas les permissions exceptionnelles accordées pour un événement familial (mariage, décès, naissance), dans la limite de dix jours par an. Ainsi, un mariage ou un deuil n’ampute pas vos vacances annuelles.
Quand avez-vous droit à vos congés payés au Togo ?
Accumuler des jours ne suffit pas : encore faut-il pouvoir les prendre. Ici, la loi pose une condition d’ancienneté claire.
En principe, vous obtenez le droit de partir en congé après un an de service effectif. Toutefois, vous et votre employeur pouvez convenir d’une jouissance anticipée, au prorata des mois déjà travaillés, dès six mois consécutifs dans l’entreprise.
Ce que dit la loi : « Le droit au congé est acquis après une durée de service effectif d’un an. Toutefois, les parties au contrat peuvent convenir d’une jouissance de ce droit au prorata temporis, après six mois consécutifs de travail. »
Source : Article 201, Code du travail 2021
Que se passe-t-il si vous ne prenez pas vos congés tout de suite ? Le report reste possible, mais encadré. En effet, les deux parties peuvent différer la jouissance effective par accord, sans que la durée de service ouvrant droit au congé ne dépasse deux ans. Autrement dit, vous ne pouvez pas accumuler indéfiniment vos jours sans jamais les poser.
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Comment se calcule l’allocation de congé ?
Partir en congé ne veut pas dire perdre son salaire. Pendant toute la durée de vos vacances, l’employeur vous verse une somme appelée allocation de congé. En clair, c’est votre salaire de vacances.
Le calcul suit une règle précise. L’allocation atteint le douzième de la rémunération que vous avez perçue au cours des douze derniers mois ayant ouvert droit au congé. La loi exclut les primes de rendement, mais elle intègre les autres éléments de rémunération.
Ce que dit la loi : « L’employeur verse au travailleur pour toute la durée du congé, une allocation qui est calculée […] sur la base de la moyenne des salaires et des différents éléments de rémunération […] L’allocation de congé est égale au douzième de la rémunération calculée sur les bases ci-dessus. »
Source : Article 202, Code du travail 2021

Prenons un exemple concret. Awa gagne 80 000 FCFA par mois. Sur douze mois, elle perçoit donc 960 000 FCFA. Son allocation de congé correspond au douzième de cette somme, soit 80 000 FCFA pour ses 30 jours de congé. En clair, elle touche l’équivalent d’un mois de salaire pendant ses vacances annuelles.
Notamment, si votre rémunération a varié (heures supplémentaires, primes régulières), la moyenne des douze derniers mois joue en votre faveur. Ainsi, l’allocation reflète vos vrais revenus, pas seulement votre salaire de base.
Et avant un an d’ancienneté ? Le calcul au prorata
Avant douze mois, le calcul repose sur la règle du prorata temporis. En effet, vous n’attendez pas une année complète pour valoriser les jours déjà acquis. Prenons Kossi, embauché il y a huit mois dans un atelier. De ce fait, il a déjà acquis 8 × 2,5 = 20 jours de congé. S’il quitte l’entreprise maintenant, l’employeur lui verse une indemnité correspondant à ces 20 jours, calculée sur ses huit mois de rémunération. Par conséquent, même une courte période de travail ouvre des droits bien réels : personne ne repart les mains vides sous prétexte qu’il n’a « pas fait un an ».
Congés payés, jours fériés et repos hebdomadaire : ne pas confondre
Beaucoup de salariés mélangent trois notions bien distinctes. Pourtant, chacune répond à une règle propre dans le Code du travail.
D’abord, le repos hebdomadaire reste obligatoire : il dure au minimum vingt-quatre heures consécutives par semaine, en principe le dimanche. Ensuite, les jours fériés suivent une liste fixée par décret et ne se déduisent pas de vos congés. Enfin, les congés payés désignent ces 30 jours annuels que vous accumulez et posez pour vous reposer.
Par conséquent, un jour férié qui tombe pendant vos congés ne « consomme » pas une journée de vacances. De plus, votre repos du dimanche ne réduit jamais votre compteur de congés. Cette distinction évite bien des malentendus au moment de poser ses dates.
À noter (références conventionnelles) : les majorations de congé pour ancienneté ne figurent pas dans le Code du travail. En effet, elles relèvent de la convention collective interprofessionnelle du Togo. Les références en vigueur restent celles de la version de 2011, toujours applicable. Une nouvelle version a été signée le 30 avril 2026, mais son texte détaillé n’est pas encore publié : nous ne citons donc aucun chiffre 2026 tant que le document officiel reste indisponible.
Se faire payer ses congés au lieu de les prendre : c’est illégal
Voici l’idée reçue la plus répandue, et la plus dangereuse. Beaucoup de salariés pensent qu’ils peuvent renoncer à leurs congés contre un peu d’argent en plus. C’est faux, et la loi se montre catégorique.
En effet, la loi frappe de nullité toute clause qui prévoit une indemnité à la place du congé. Le congé sert à se reposer : vous ne pouvez donc pas le « vendre » pendant que le contrat continue.
Ce que dit la loi : « Sauf dispositions contraires des conventions ou accords collectifs de travail, toute clause prévoyant l’octroi d’une indemnité compensatrice en lieu et place du congé est nulle et de nul effet. »
Source : Article 201, Code du travail 2021
Attention au piège : si votre employeur vous propose de « payer » vos congés pour que vous continuiez à travailler, cet arrangement ne tient pas en droit. Il ne vous prive pas de vos droits : vous gardez la possibilité de réclamer vos jours de repos. Ne signez donc jamais un document qui vous fait renoncer à vos congés en cours de contrat.
Congés non pris quand vous quittez l’entreprise
Le rachat reste interdit pendant le contrat. En revanche, la situation change au moment du départ. Si vous quittez l’entreprise avant d’avoir pris les congés déjà acquis, vous récupérez une indemnité compensatrice.
Cette indemnité suit la même logique que l’allocation de congé de l’article 200 : elle repose sur vos droits acquis. De plus, l’employeur la doit quel que soit le motif de départ, licenciement comme démission, dès lors que vous n’avez pas posé les jours.
Par conséquent, vos congés non pris font partie de ce que l’employeur vous doit lors du solde de tout compte. C’est un droit que beaucoup de salariés oublient de réclamer.
Bon à savoir : vos congés non pris s’ajoutent à votre dernier salaire, à votre éventuelle indemnité de licenciement et à vos autres droits. Pour comprendre tout ce que votre employeur vous doit au départ, lisez notre pastille Solde de tout compte au Togo : ce n’est pas ton dernier salaire.
Et si votre employeur refuse de vous accorder vos congés ou de payer votre allocation ? Rassurez-vous, vous gardez des recours. En effet, nous détaillons la marche à suivre, de l’inspection du travail au tribunal, dans notre article dédié : Mon employeur me refuse mes congés payés : que faire au Togo ?.
Ce qu’il faut retenir sur les congés payés au Togo
- 30 jours par an : vous accumulez 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif (Article 200).
- Après un an : vous obtenez le droit de partir après 12 mois, ou dès 6 mois par accord (Article 201).
- Allocation = 1/12 : votre salaire de vacances équivaut à un douzième de vos revenus des 12 derniers mois (Article 202).
- Rachat interdit : vendre ses congés en cours de contrat ne produit aucun effet.
- Départ : l’employeur vous paie les congés non pris en indemnité compensatrice.
Enfin, ces droits valent aussi bien pour un cadre que pour un ouvrier ou une employée déclarée. Pour les travailleurs du secteur informel, la difficulté tient souvent à la preuve : conservez donc vos bulletins, vos relevés et vos échanges écrits. Pour aller plus loin, consultez notre guide des 10 droits du salarié au Togo et la grille salariale togolaise.
FAQ : questions fréquentes sur les congés payés au Togo
Combien de jours de congés payés par an au Togo ?
La loi garantit 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables par an. Votre convention collective ou votre contrat peuvent prévoir davantage, jamais moins.
Peut-on se faire payer ses congés au lieu de les prendre ?
Non. En cours de contrat, toute clause qui remplace le congé par une indemnité ne produit aucun effet (Article 201). Le paiement des congés n’intervient qu’au moment du départ de l’entreprise, sous forme d’indemnité compensatrice.
Comment se calcule l’allocation de congé ?
Elle atteint le douzième de la rémunération des douze derniers mois, primes de rendement exclues (Article 202). Pour un salaire stable de 80 000 FCFA, l’allocation avoisine 80 000 FCFA pour 30 jours de congé.
A-t-on droit aux congés avant un an d’ancienneté ?
Vous obtenez le plein droit après un an. Toutefois, salarié et employeur peuvent convenir d’une jouissance anticipée au prorata dès six mois consécutifs de travail.
Que deviennent les congés non pris si je démissionne ?
L’employeur vous les paie sous forme d’indemnité compensatrice, calculée sur vos droits acquis. Cette somme reste due que vous partiez par démission ou par licenciement, et s’ajoute à votre solde de tout compte.
Sources
- Code du travail togolais 2021 (loi n°2021-012) : articles 200, 201 et 202 sur les congés payés et l’allocation de congé ; articles 198 et 199 sur le repos hebdomadaire et les jours fériés.
- Convention collective interprofessionnelle du Togo : cadre des majorations de congé pour ancienneté (version 2011 applicable ; nouvelle version signée le 30 avril 2026).
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