Afiwa, 34 ans, caissière dans un supermarché à Lomé :

« Sur mon bulletin il y a écrit « catégorie 4, échelon 2 ». J’ai cherché partout ce que ça vaut, je ne trouve rien nulle part. Est-ce que je suis payée correctement, oui ou non ? »

Si vous avez déjà retourné votre bulletin de paie en cherchant à quoi correspond votre ligne « catégorie », vous n’êtes pas seul. Au Togo, la catégorie professionnelle détermine le salaire minimum que votre employeur doit vous verser. Pourtant, presque personne ne sait dans laquelle il se trouve.

Le formulaire ci-dessous répond à la question en une minute. Vous n’avez rien à installer ni rien à envoyer : tout se calcule dans votre navigateur, et aucune information ne quitte votre téléphone.

Votre catégorie et votre salaire minimum

Trouvez la catégorie professionnelle qui vous correspond dans la convention collective interprofessionnelle (CCIT, en vigueur depuis le 20 mai 2026), puis le salaire minimum et la prime d’ancienneté qui vont avec. Rien n’est envoyé ni enregistré : le calcul se fait entièrement dans votre navigateur.

1. Votre employeur
2. Votre catégorie
3. Votre ancienneté
4. Votre salaire net (facultatif)

La convention collective ne tient aucun compte de vos enfants : ils ne changent ni votre catégorie ni votre minimum. Ils ne jouent que sur l’impôt, donc uniquement sur la ligne « net » ci-dessous.

Estimation fondée sur les annexes I (classifications) et II (barème) de la convention collective interprofessionnelle du Togo, déposée au greffe du tribunal du travail de Lomé le 19 mai 2026 sous le n° 001 et en vigueur depuis le 20 mai 2026. Les montants de la grille sont des conditions minima d’engagement (article 2) : ce sont des planchers, pas le salaire que vous devez toucher. Votre employeur peut payer plus, jamais moins. La prime d’ancienneté (article 40) est calculée sur le salaire minimum de base de votre catégorie, et non sur votre salaire réel : elle vous est donc due même si vous êtes payé au-dessus de la grille. Le classement proposé ici est une estimation : seuls votre contrat et la convention qu’il nomme (article 37 du Code du travail) déterminent réellement votre catégorie. Une convention de secteur plus avantageuse l’emporte sur la CCIT (article 3-c). Le calcul du net reprend les règles du calculateur d’IRPP : CNSS 4 %, AMU 5 %, abattement de 28 % et charges de famille de 10 000 FCFA par mois et par personne (articles 26, 72, 73 et 74 du Code général des impôts). Ce calculateur ne remplace ni un décompte officiel ni un conseil juridique.

Ce que votre catégorie professionnelle au Togo vous garantit

Le chiffre que vous venez d’obtenir est un plancher, pas un tarif. La convention collective interprofessionnelle du Togo, la CCIT, le dit elle-même : ses dispositions sont des « conditions minima d’engagement ». Votre employeur a donc parfaitement le droit de vous payer plus. En revanche, il n’a jamais le droit de vous payer moins.

Une estimation, pas un classement officiel. Ce calculateur vous situe dans la grille d’après votre métier, votre diplôme et vos responsabilités. Cependant, seuls votre contrat et la convention qu’il nomme déterminent réellement votre catégorie. L’article 37 du Code du travail oblige d’ailleurs votre employeur à indiquer dans le contrat la convention applicable.

Et si votre bulletin annonce « catégorie 4, échelon 2 » comme celui d’Afiwa ? Cette numérotation n’existe tout simplement pas dans la convention. En effet, la CCIT classe en E1 à E6 pour les agents d’exécution, M1 à M4 pour la maîtrise, C1 à C4 pour les cadres. Un bulletin qui numérote autrement utilise une grille maison, ce que la loi tolère, mais qui ne vous apprend rien sur votre minimum légal.

Trois choses que la grille dit et qui surprennent

En lisant l’annexe de la convention déposée au greffe, trois points ressortent. Or aucun n’est intuitif.

Tailleur dans son atelier, métier classé en catégorie professionnelle d'exécution au Togo
Un tailleur relève des catégories d’exécution : la convention nomme le métier, mais le diplôme peut faire monter la catégorie. Photo : Pexels.

Votre licence ne vaut pas ce que vous croyez

Une licence professionnelle ouvre la catégorie C1, soit 161 500 FCFA de minimum. Une licence académique, au même niveau BAC+3, ouvre seulement M4, soit 140 000 FCFA. Autrement dit, vingt et un mille cinq cents francs d’écart chaque mois, pour un nombre d’années d’études identique. Le même renversement se retrouve plus haut : le master professionnel ouvre C3, quand le master recherche s’arrête à C2.

La prime d’ancienneté ne se calcule pas sur votre salaire

Voici le point que l’on comprend le plus mal, et le plus rentable à connaître. L’article 40 dispose que la majoration porte sur « le salaire minimum de base de la catégorie professionnelle du travailleur ». Elle porte donc sur le chiffre de la grille, et non sur ce que vous touchez. Par conséquent, si votre employeur vous paie au-dessus du minimum, cette prime vous reste due en plus. Or beaucoup de bulletins l’oublient.

Ce que dit la loi. La prime démarre à 2 % après deux années de présence, puis progresse de 1 % par année à partir de la quatrième, jusqu’à un maximum de 35 %. Le texte écrit qu’elle « lui sera allouée » : c’est un dû, pas une faveur. À comparer avec le treizième mois, que l’article 42 dit seulement pouvoir « être octroyé ».

« Hors catégorie » ne veut pas dire mieux payé

La ligne existe bien dans le barème, mais elle reste vide : aucun montant n’y figure. Dès lors, si votre contrat vous range là, vous n’avez aucun plancher conventionnel, et surtout aucune assiette pour votre prime d’ancienneté. Faites préciser ce point par écrit.

Votre situation ne rentre pas dans les cases ? Envoyez-nous votre question, nous regardons votre cas et nous vous répondons. Écrire sur WhatsApp

Votre salaire est sous le plancher : quatre gestes

Si le calculateur vous a signalé un écart, procédez dans cet ordre. Par ailleurs, rien ici ne demande d’avocat.

Vérifiez d’abord votre bulletin. La convention impose qu’il porte votre catégorie. S’il ne l’indique pas, soulevez ce point en premier : l’irrégularité est déjà là.

Demandez ensuite par écrit. Une demande simple et datée suffit, remise en main propre contre décharge ou par message : vous demandez quelle convention s’applique et quelle catégorie sert de base à votre salaire. Surtout, gardez une copie. C’est cette trace qui comptera plus tard.

Saisissez l’inspection du travail. La démarche est gratuite, et c’est précisément son rôle. D’ailleurs, l’employeur qui n’affiche pas les taux minima s’expose à une amende de 100 000 à 500 000 FCFA au titre de l’article 342 du Code du travail.

Sachez enfin ce que vous pouvez réclamer. La grille actuelle vaut depuis le 20 mai 2026, et elle s’applique de plein droit aux contrats déjà en cours. De plus, les rappels de salaire se prescrivent par cinq ans : vous pouvez donc encore réclamer un retard ancien.

La CCIT ne vous couvre peut-être pas. Ainsi, les agents de l’État et des mairies relèvent d’une grille indiciaire, expliquée dans notre guide de la grille salariale au Togo. Et si votre secteur possède sa propre convention, elle l’emporte lorsqu’elle se révèle plus avantageuse : notre article sur la convention collective qui vous est applicable détaille comment le vérifier.

Vérifier sa catégorie professionnelle et sa prime d'ancienneté sur son bulletin au Togo
La prime d’ancienneté se calcule sur le minimum de la catégorie, jamais sur le salaire réellement versé. Photo : Pexels.

Questions fréquentes sur la catégorie professionnelle au Togo

Mon employeur peut-il me changer de catégorie sans mon accord ?

Descendre votre catégorie revient à modifier un élément essentiel de votre contrat, ce qui suppose votre accord. Monter d’échelon ou de catégorie, en revanche, relève de l’avancement. Depuis 2026, la convention encadre l’avancement de catégorie par un délai précis, alors que le chef d’établissement en décidait seul auparavant.

Est-ce que je change automatiquement d’échelon tous les deux ans ?

Non, et c’est une confusion fréquente. Le texte prévoit que l’avancement d’échelon tient compte d’une ancienneté « maximale » de deux ans, ce qui plafonne le délai sans rendre l’avancement systématique. Retenez plutôt la formulation exacte : la convention ne prévoit pas qu’un salarié reste plus de deux ans au même échelon, mais elle n’en fait pas non plus un droit acquis d’office.

Mes enfants font-ils monter mon salaire minimum ?

Non. Au Togo, la catégorie professionnelle et son plancher ignorent complètement vos personnes à charge : la convention collective n’en tient aucun compte. Elles jouent uniquement sur l’impôt sur le revenu, donc sur votre net, à raison de 10 000 FCFA par mois et par personne, dans la limite de six.

Le SMIG et le minimum de ma catégorie, est-ce la même chose ?

Seulement si vous relevez de la catégorie E1, qui vaut exactement 52 500 FCFA, c’est-à-dire le SMIG en vigueur. Toutes les autres catégories démarrent au-dessus, jusqu’à 246 500 FCFA en haut de la grille des cadres.

À retenir

Votre catégorie n’est pas un détail administratif. C’est elle qui fixe le minimum que l’on vous doit, ainsi que l’assiette de votre prime d’ancienneté. Concrètement, trois réflexes suffisent. Vérifiez que votre bulletin porte bien une catégorie. Comparez votre salaire de base au plancher correspondant. Contrôlez enfin que la prime d’ancienneté y figure, même si vous gagnez plus que la grille.

Si un écart apparaît, il ne s’agit pas d’un conflit mais d’une régularisation, et elle se demande par écrit. Pour comprendre ce que la grille a changé au Togo pour chaque catégorie professionnelle, lisez notre analyse de la convention collective 2026. Enfin, si vous êtes employeur, notre guide de mise en conformité détaille la méthode pas à pas.

Sources

  • Convention collective interprofessionnelle du Togo, déposée au greffe du tribunal du travail de Lomé le 19 mai 2026 sous le n° 001, en vigueur depuis le 20 mai 2026 : annexe I (classifications professionnelles), annexe II (barème des bases de référence), articles 2, 3, 33, 37, 40 et 42.
  • Code du travail togolais, loi n° 2021-012 du 18 juin 2021, édition de l’Assemblée nationale : articles 37, 172 et 342.
  • Code général des impôts, articles 26, 72, 73 et 74, pour le calcul de la retenue d’impôt et des charges de famille.

Ce que disent nos lecteurs

"Le père de mes enfants refusait de payer la pension alimentaire depuis des mois, en disant qu'il n'avait pas d'argent. LQDD m'a expliqué comment saisir le juge des affaires familiales et quels justificatifs préparer. Aujourd'hui la pension est fixée par ordonnance."

Ablavi, 28 ans, vendeuse au marché à Atakpamé

"J'achetais un terrain à Lomé et le vendeur me pressait de signer sans titre foncier propre. L'article de LQDD sur le titre foncier m'a ouvert les yeux sur les risques réels, et j'ai pu poser les bonnes questions avant de signer. Ça m'a probablement évité une arnaque à plusieurs millions."

Mensah, 47 ans, commerçant à Sokodé

Besoin d'un conseil juridique ?

Nos juristes spécialisés en droit togolais vous répondent gratuitement.

Avertissement juridique

Les informations publiées sur ce site sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas un avis juridique personnalisé ni une consultation professionnelle. Les textes de loi cités sont susceptibles d'évoluer. Pour toute situation particulière, nous vous recommandons de consulter un professionnel du droit ou de nous contacter sur WhatsApp pour un accompagnement adapté.