Yawa, 52 ans, héritière à Avépozo (Lomé) :

« Trois mois après l’enterrement de ma mère, je suis revenue vérifier notre parcelle de 250 m². Je me suis arrêtée net devant un mur béton tout neuf qui coupe 1,20 mètre de notre terre. Notre voisin a construit pendant que je pleurais. Mes deux frères vivent à Paris et Cotonou. Comment récupérer ce mur empiétant sur notre parcelle quand je suis seule à Lomé ? »

En premier lieu, le voisin de Yawa a construit un mur empiétant sur sa parcelle togolaise. Effectivement, cette situation touche des milliers d’héritiers chaque année, particulièrement quand la famille vit en indivision après le décès d’un parent. Le mur empiétant parcelle Togo soulève quatre questions concrètes : que dit exactement la loi togolaise sur ce type d’empiètement ? Yawa peut-elle agir seule sans ses frères diaspora ? Quels sont les recours pratiques disponibles ? Combien coûte chaque étape en FCFA ?

Aussi, cet article décrypte le dispositif spécifique de l’article 141 du Code foncier 2018 (Loi 2018-005), explique le régime de l’indivision successorale, présente quatre recours concrets et chiffrés, et propose un plan d’action sur 48 heures, 7 jours et 30 jours.

L’essentiel à retenir :

  • Empiètement ≥ 0,30 m ou intentionnel : action en démolition imprescriptible (Art. 141 Code foncier 2018 a contrario + Art. 139 propriété perpétuelle).
  • Empiètement < 0,30 m et non intentionnel : action limitée à 2 ans de la connaissance, 10 ans maximum après les travaux.
  • Indivisaire seule : Yawa peut demander le bornage (Art. 646 CC) et délivrer une mise en demeure. La démolition au fond nécessite procurations des frères ou référé d’urgence.
  • Coûts réels : géomètre 150 000 à 400 000 FCFA, huissier 25 000 à 60 000 FCFA, avocat 500 000 à 2 000 000 FCFA pour l’action démolition.

Mur empiétant parcelle Togo : aperçu des 4 leviers pour Yawa

Concrètement, quand un voisin construit un mur sur votre parcelle, vous disposez de quatre leviers juridiques cumulables. Premièrement, le constat d’huissier fige la situation factuelle (date, dimensions, photos). Deuxièmement, le bornage contradictoire par un géomètre assermenté fixe officiellement la limite séparative. Troisièmement, la mise en demeure adressée au voisin ouvre la voie amiable et conserve vos droits. Quatrièmement, l’action en démolition devant le tribunal civil oblige le voisin à détruire l’ouvrage empiétant.

Notamment, le mur empiétant parcelle Togo de Yawa mesure 1,20 m de chevauchement, soit quatre fois le seuil légal de 0,30 m fixé par l’article 141 du Code foncier 2018. De plus, le voisin a construit en pleine connaissance de cause pendant l’absence de Yawa. Ces deux éléments écartent immédiatement la limitation temporelle de l’article 141 et ouvrent la voie d’une action en démolition imprescriptible.

Cependant, la situation de Yawa présente une complexité supplémentaire : la parcelle appartient à une indivision successorale entre elle et ses deux frères installés à Paris et Cotonou. En conséquence, cette indivision conditionne le type d’actes que Yawa peut accomplir seule, sans attendre les procurations des frères. Le régime juridique togolais distingue les actes conservatoires (bornage, mise en demeure) accessibles à un seul indivisaire, et les actes au fond (action en démolition) qui exigent l’unanimité ou un mandat ad litem.

Ce que dit la loi togolaise sur le mur empiétant

En premier lieu, le droit togolais protège la propriété foncière par plusieurs textes complémentaires. Notamment, le Code foncier 2018, le Code civil et la jurisprudence interprètent ensemble la notion d’empiètement ainsi que les recours disponibles. Trois articles forment le cœur du dispositif applicable à la situation de Yawa.

Mur empiétant parcelle Togo : bornage contradictoire d'un terrain en indivision à Avépozo

Article 141 : le dispositif spécifique togolais de l’empiètement

Ce que dit la loi :
« Par dérogation aux articles précédents, le propriétaire victime d’un empiètement non intentionnel sur son fonds ne peut, si celui-ci est inférieur à 0,30 mètre, en exiger la suppression que dans le délai de deux ans de la connaissance de celui-ci sans pouvoir agir plus de dix ans après l’achèvement des travaux. Dans le délai de cinq ans, commençant à courir à l’expiration de l’action en démolition, le juge peut, à la demande de l’un des propriétaires, transférer la partie du fonds objet de l’empiètement à son bénéficiaire, moyennant une indemnité tenant compte de la valeur du fonds occupé, de la plus-value réalisée grâce à l’empiétement et du préjudice qu’il a causé. »
Source : Article 141, Code foncier 2018 (Loi 2018-005)

Cet article 141 crée un régime à double étage. Premièrement, il limite l’action en suppression à 2 ans de la connaissance et 10 ans maximum après l’achèvement des travaux. Cette limitation vise uniquement les empiètements à la fois inférieurs à 0,30 m ET non intentionnels. Deuxièmement, passé ces délais, le juge peut transférer la portion empiétée au voisin contre une indemnité (valeur du fonds occupé + plus-value + préjudice).

Dans le cas de Yawa, l’empiètement mesure 1,20 m. Ce chiffre dépasse largement le seuil de 0,30 m. Par conséquent, la limitation temporelle de l’article 141 ne s’applique pas. Ainsi, Yawa bénéficie de la protection générale du droit de propriété, prévue par l’article 136 du Code foncier 2018 et l’article 139 qui rend l’action en revendication perpétuelle.

Article 552 du Code civil : la propriété du sol au Togo

Ce que dit la loi :
« La propriété ne se perd pas par le non-usage. L’action en revendication est perpétuelle. »
Source : Article 139, Code foncier 2018 (Loi 2018-005)

De plus, le Code civil togolais complète le dispositif. L’article 552 énonce un principe fondamental : la propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous. Dès lors, un mur érigé sur le sol de Yawa appartient juridiquement à Yawa, par accession (Article 551). En conséquence, le voisin n’a aucun droit sur cette portion de mur, même s’il l’a construite à ses frais.

Loi et pratique : Bien que la démolition soit théoriquement imprescriptible pour les empiètements ≥ 0,30 m, les procédures effectives prennent souvent 5 à 10 ans devant les tribunaux togolais. Les délais d’audience, les recours du voisin et l’exécution forcée par huissier expliquent cette durée. Engagez les démarches sans attendre.

Indivision successorale : pouvez-vous agir sans vos frères diaspora ?

En premier lieu, la parcelle de Yawa appartient à l’indivision successorale qui réunit les trois enfants de la défunte. Cette indivision conditionne directement les actes que Yawa peut entreprendre seule contre le voisin. Le Code civil togolais pose le principe à l’article 815 : nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision, et le partage peut être toujours provoqué.

Ce que dit la loi :
« Nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision, et le partage peut être toujours provoqué, nonobstant prohibitions et conventions contraires. »
Source : Article 815, Code civil togolais

Régime togolais : actes conservatoires vs actes au fond

Cependant, le Code civil togolais reste celui de 1804 et n’a pas intégré la réforme française de 1976 qui a introduit les actes conservatoires individuels (Article 815-2 du Code civil français moderne). En droit togolais, la règle générale exige donc l’unanimité des indivisaires pour les actes au fond, notamment une action en démolition.

Tu n’es pas seule, Yawa : Pour les actes conservatoires, vous pouvez agir seule dès aujourd’hui. Cela inclut le constat d’huissier, la demande de bornage contradictoire au géomètre, et la mise en demeure adressée au voisin. Ces démarches protègent les droits de l’indivision sans engager les frères dans une procédure contentieuse.

Trois options pour l’action en démolition sans attendre vos frères

Par ailleurs, pour l’action en démolition devant le tribunal, trois options s’ouvrent à Yawa. D’abord, elle peut obtenir les procurations notariées de ses frères auprès des consulats togolais à Paris et Cotonou. Ensuite, elle peut saisir le tribunal en référé pour des mesures conservatoires urgentes, par exemple ordonner l’arrêt des travaux si le voisin continue de bâtir. Enfin, elle peut demander au tribunal un mandat ad litem qui autorise Yawa à représenter les intérêts indivis dans la procédure.

Loi et pratique : Théoriquement, tout cohéritier peut provoquer le partage. En pratique, les indivisions familiales togolaises persistent 10 à 20 ans, et les procurations consulaires coûtent 50 000 à 100 000 FCFA par frère et prennent 3 à 6 mois entre apostille, traduction et expédition. Lancez le processus de procurations dès le premier contact avec votre avocat.

En complément, vous pouvez consulter notre guide complet sur le partage de terrain en succession au Togo pour comprendre la procédure de sortie d’indivision. Pour le cadre général de la propriété, l’article sur la procédure du titre foncier au Togo explique comment immatriculer définitivement votre parcelle.

Vos 4 recours concrets contre l’empiètement

Face à un mur empiétant parcelle Togo, vous devez agir dans un ordre méthodique. En effet, chaque étape construit les preuves nécessaires pour l’étape suivante. Voici la séquence recommandée par les juristes togolais spécialisés en droit foncier.

Mur empiétant parcelle Togo : construction béton et bornage contradictoire à Avépozo

Recours 1 : Le constat d’huissier (étape immédiate)

Tout d’abord, le constat d’huissier fixe la situation factuelle à une date précise. L’huissier de justice mandaté se déplace sur la parcelle, photographie le mur empiétant, mesure les dimensions du chevauchement, et rédige un procès-verbal détaillé. Ce document a une force probante très élevée devant tous les tribunaux togolais.

Le coût d’un constat d’huissier au Togo se situe entre 25 000 et 60 000 FCFA selon la complexité et le déplacement. Le délai d’obtention est de 48 à 72 heures après commande. Par ailleurs, vous trouverez un huissier de justice dans chaque chef-lieu de préfecture, et la Chambre nationale des huissiers tient une liste à jour.

Recours 2 : Le bornage contradictoire par géomètre

Ensuite, le bornage contradictoire fixe officiellement la limite séparative entre votre parcelle et celle du voisin. Cette opération est obligatoire pour l’immatriculation foncière selon l’article 230 du Code foncier 2018. En pratique, elle s’effectue par un géomètre-expert assermenté, en présence des propriétaires limitrophes et du chef traditionnel du quartier.

Ce que dit la loi :
« Le bornage contradictoire de l’immeuble à immatriculer est obligatoire. »
Source : Article 230, Code foncier 2018 (Loi 2018-005)

Le tarif d’un bornage géomètre au Togo varie entre 150 000 et 400 000 FCFA selon la superficie et le nombre de points à délimiter. Comptez 3 à 6 semaines incluant la convocation des riverains (20 jours minimum selon l’article 231). Ensuite, le procès-verbal de bornage est remis au conservateur de la propriété foncière.

Notamment, l’article 646 du Code civil donne à tout propriétaire le droit d’obliger son voisin au bornage, à frais communs. Yawa peut donc demander seule le bornage en sa qualité de copropriétaire indivisaire. Par la suite, les frères ratifieront l’acte sans difficulté juridique.

Loi et pratique : L’article 230 impose le bornage contradictoire, mais environ 90 % des terrains hors-Lomé restent non bornés au Togo. Le chef traditionnel doit être convoqué selon l’article 232, mais leur indisponibilité courante explique pourquoi de nombreuses opérations se font en présence du seul chef de quartier. Vérifiez la régularité administrative du bornage avant signature.

Recours 3 : La mise en demeure formelle

Puis, une fois le constat et le bornage en main, vous adressez au voisin une mise en demeure formelle de retirer le mur empiétant. Cette lettre, idéalement signifiée par huissier, expose les faits, vise les articles 141 du Code foncier 2018 et 552 du Code civil, fixe un délai (30 à 60 jours) et annonce les suites judiciaires en cas de refus.

Le coût d’une signification d’huissier se situe entre 15 000 et 30 000 FCFA. Sur le plan juridique, la mise en demeure interrompt la prescription, prouve la mauvaise foi du voisin s’il refuse, et constitue le premier acte préalable à toute action judiciaire. De plus, elle peut déclencher une négociation amiable (achat de la bande empiétée à un prix raisonnable, déplacement du mur, indemnisation forfaitaire).

Recours 4 : L’action en démolition devant le tribunal

Enfin, si le voisin refuse de retirer le mur, vous saisissez le tribunal civil compétent (tribunal de première instance du lieu de la parcelle). Votre avocat dépose alors une assignation en démolition. Par conséquent, le juge ordonnera la démolition aux frais du voisin si l’empiètement est avéré et qu’aucune régularisation amiable n’est possible.

Le coût d’une procédure en démolition se décompose en plusieurs postes. Honoraires d’avocat : 500 000 à 2 000 000 FCFA. Huissier signification : 50 000 FCFA. Expertise judiciaire si nécessaire : 200 000 à 500 000 FCFA. Exécution forcée (huissier + démolisseur) : 200 000 à 500 000 FCFA supplémentaires. Heureusement, le voisin condamné peut être tenu de rembourser ces frais.

Loi et pratique : L’article 1382 du Code civil exige une faute prouvée pour engager la responsabilité civile. Sans bornage préalable établi, prouver que le voisin « savait » la limite exacte de votre parcelle peut s’avérer difficile. Le bornage contradictoire devient donc une preuve incontournable pour gagner l’action en démolition.

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Et si le voisin invoque la bonne foi ou un permis de bâtir ?

En réalité, plusieurs voisins fautifs tentent deux défenses. La bonne foi (il aurait cru construire chez lui). Le permis de bâtir (l’administration aurait validé). Toutefois, ces arguments ne tiennent pas juridiquement, sauf cas spécifiques.

La bonne foi est sans effet au-delà du seuil de 0,30 m

Premièrement, la bonne foi reste sans effet quand l’empiètement dépasse 0,30 m. En effet, l’article 141 du Code foncier 2018 limite la protection du voisin « non intentionnel ». Cette protection vise les seuls empiètements inférieurs à 0,30 m. Au-delà, la bonne foi peut atténuer les dommages-intérêts. Néanmoins, elle n’écarte pas la démolition.

Le permis de bâtir ne couvre jamais l’empiètement sur autrui

Deuxièmement, un permis de bâtir délivré par la mairie ne crée aucun droit sur la propriété d’autrui. Ce permis vérifie la conformité aux règles d’urbanisme. Toutefois, il ne tranche jamais les contentieux fonciers entre propriétaires privés. Ainsi, la jurisprudence togolaise et OHADA confirme ce principe : le permis ne purge pas l’empiètement.

Cependant, l’article 141 prévoit une exception importante. Passé le délai de l’action en démolition (2 ans pour empiètement < 0,30 m non intentionnel), le juge peut transférer la portion empiétée au voisin. Cette régularisation s’accompagne d’une indemnité. Elle couvre la valeur du fonds occupé, la plus-value et le préjudice. Néanmoins, cette régularisation forcée ne s’applique qu’aux empiètements minimes et non intentionnels. Le mur 1,20 m de Yawa reste donc hors de ce dispositif.

Conseil pratique : Conservez précieusement tous les documents de propriété (titre foncier, attestation de vente, jugement d’hérédité). Ils prouvent que vous étiez propriétaire avant le mur du voisin. Sans titre foncier formel, vous pouvez consulter notre guide acheter un terrain sans titre foncier pour comprendre les preuves alternatives recevables.

Plan d’action concret : 48 heures, 7 jours, 30 jours

Concrètement, voici une feuille de route opérationnelle pour Yawa et pour tout propriétaire victime d’un mur empiétant parcelle Togo. Par ailleurs, les coûts sont indicatifs et basés sur les tarifs courants à Lomé en 2026.

Les 48 premières heures

  • Photographiez le mur empiétant sous plusieurs angles, avec une règle ou mètre ruban visible pour montrer le chevauchement (gratuit, smartphone).
  • Rassemblez vos documents de propriété : titre foncier, attestation de vente, jugement d’hérédité, plan cadastral si disponible.
  • Appelez vos frères Komi (Paris) et Yao (Cotonou) pour les informer et les préparer aux procurations futures (durée appel 30 min, coût 500 à 2 000 FCFA).
  • Contactez un huissier de justice à Lomé pour commander un constat (coût : 25 000 à 60 000 FCFA, délai 48-72 h).

Les 7 jours suivants

  • Récupérez le procès-verbal de constat d’huissier signé et daté.
  • Contactez 2 à 3 géomètres-experts assermentés pour devis bornage contradictoire (gratuit pour les devis, 150 000 à 400 000 FCFA pour l’opération).
  • Initiez les demandes de procurations notariées auprès des consulats togolais à Paris et Cotonou (50 000 à 100 000 FCFA par procuration, délai 3 à 6 mois).
  • Consultez un avocat spécialisé en droit foncier pour une première consultation (gratuit ou 10 000 à 25 000 FCFA selon le cabinet).
  • Informez le chef de quartier de la situation pour préparer la conciliation amiable (gratuit, mais prévoyez une visite respectueuse avec présent symbolique).

Les 30 jours suivants

  • Effectuez le bornage contradictoire en présence du géomètre, du chef traditionnel, du voisin et de tout limitrophe (coût 150 000 à 400 000 FCFA, délai 3 à 6 semaines).
  • Adressez la mise en demeure formelle au voisin via huissier (15 000 à 30 000 FCFA).
  • Si le voisin négocie : explorez les solutions amiables (déplacement du mur, achat de la bande, dommages-intérêts).
  • Si le voisin refuse : engagez l’action en démolition avec votre avocat (500 000 à 2 000 000 FCFA honoraires).
  • Continuez en parallèle les démarches de procurations frères pour sécuriser l’action au fond.
Loi et pratique : L’article 141 du Code foncier 2018 protège théoriquement votre droit à la démolition imprescriptible. En pratique, les procédures judiciaires togolaises durent souvent 18 à 36 mois pour une première instance, et l’exécution forcée par huissier ajoute encore 3 à 12 mois. Privilégiez toujours la négociation amiable post-bornage avant de saisir le tribunal.

Cette feuille de route s’adapte à votre budget et à votre urgence. Si le voisin continue de construire, demandez à votre avocat de saisir le tribunal en référé. Ce recours d’urgence ordonne l’arrêt immédiat des travaux (délai 5 à 15 jours, coût 200 000 à 500 000 FCFA). Notre guide du bornage contradictoire détaille la procédure du géomètre. Pour un voisin qui déplace une borne déjà posée, consultez l’article sur le déplacement de borne au Togo.

FAQ : questions fréquentes sur le mur empiétant parcelle Togo

Combien coûte une action en démolition d’un mur empiétant au Togo ?

L’action complète coûte entre 800 000 et 3 000 000 FCFA tout compris : constat d’huissier (25 000 à 60 000), bornage géomètre (150 000 à 400 000), mise en demeure (15 000 à 30 000), honoraires avocat (500 000 à 2 000 000), expertise judiciaire éventuelle (200 000 à 500 000), exécution forcée huissier et démolisseur (200 000 à 500 000). Le voisin condamné peut être tenu de rembourser une partie de ces frais. Vous pouvez aussi négocier des honoraires d’avocat à pourcentage sur la valeur récupérée.

Mon voisin a-t-il un permis de bâtir : cela vaut-il preuve de bonne foi ?

Non. Un permis de bâtir délivré par la mairie vérifie la conformité urbanistique (hauteur, distance à la voie, zone constructible), mais ne tranche jamais les contentieux fonciers entre propriétaires privés. La jurisprudence togolaise confirme que le permis ne purge pas l’empiètement. La responsabilité du voisin reste entière, et la commune peut même être appelée en garantie si elle a délivré le permis sans vérifier les limites.

Si l’empiètement est minime (10 cm) : démolition ou compensation forcée ?

Pour un empiètement inférieur à 0,30 m et non intentionnel, l’article 141 du Code foncier 2018 limite votre action en suppression à 2 ans de la connaissance et 10 ans après l’achèvement. Passé ces délais, le juge peut transférer la bande empiétée au voisin contre une indemnité (valeur du fonds occupé + plus-value + préjudice). Si vous agissez dans le délai et que l’empiètement est intentionnel, la démolition reste de droit même pour 10 cm.

Mes frères en diaspora doivent-ils signer une procuration ?

Pour les actes conservatoires (constat huissier, demande bornage, mise en demeure), non. En tant que cohéritière indivisaire, vous pouvez agir seule. Pour l’action en démolition au fond, oui : la règle togolaise exige l’unanimité des indivisaires ou un mandat ad litem du tribunal. Les procurations notariées s’obtiennent au consulat togolais du pays de résidence (Paris, Cotonou, Abidjan, Lagos), coûtent 50 000 à 100 000 FCFA chacune et prennent 3 à 6 mois entre la rédaction, la légalisation et l’expédition.

Le chef de quartier peut-il imposer la démolition ?

Non. Le chef de quartier ou chef traditionnel joue un rôle essentiel de médiation amiable, mais n’a aucun pouvoir judiciaire. Il peut convoquer les parties, faciliter un accord (déplacement du mur, achat de la bande, indemnisation symbolique), et signer un procès-verbal de conciliation que les parties peuvent ensuite formaliser devant notaire ou avocat. Si le voisin refuse la médiation, seule la voie judiciaire peut imposer la démolition forcée.

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