Kodjo, 28 ans, zémidjan au quartier Bè à Lomé :

« Un policier m’a arrêté à la sortie de la ville. Selon lui, j’ai grillé un feu orange. Sans un mot, l’agent prend mon permis et la clé de la moto. Maintenant il me demande 5 000 FCFA sinon il garde tout. Pas de PV, pas de papier : est-ce légal ? Comment je récupère ? »

Une saisie permis moto Togo arrive chaque jour à des milliers de zémidjans. Imagine la scène : tu roules pour aller chercher un client, un sifflet retentit, un gilet jaune t’arrête. En trente secondes, tu te retrouves sans permis, sans clé, sans moto. Le policier ne te tend aucun papier. Il fixe un prix. Tu dois choisir : payer au bord de la route ou rentrer à pied.

Pour des milliers de zémidjans et motards togolais, cette situation se répète chaque semaine. Depuis l’opération spéciale de contrôle routier lancée le 9 février 2026 sur la RN1, la RN2 et la RN5, les cas de saisie permis moto Togo se multiplient. Cependant, la loi togolaise ne laisse jamais le conducteur sans droits : le Code de la route 2013 et son décret d’application de 2022, le Code de procédure pénale et le Code pénal fixent une procédure stricte que la police doit respecter.

De plus, il faut connaître la règle pour séparer la vraie verbalisation du racket. Voici donc les 5 cas légaux où la police peut agir, ce que le décret de 2022 impose quand elle saisit ton permis, la vraie procédure de restitution, et les recours concrets si tu subis une saisie abusive.

Saisie permis moto Togo : les 5 cas où la police peut légalement agir

Avant tout, tu dois savoir que la police ne peut pas saisir un permis ou une moto sur simple décision personnelle. Le Code de la route prévoit les infractions ci-dessous, et le décret de 2022 encadre le retrait du permis (voir plus bas). Attention cependant : pour le permis, la liste de l’article 29 de ce décret commence par « notamment », elle n’est donc pas fermée. Dans tous les cas, la saisie doit laisser une trace écrite.

1. Conduite sans permis valable

Si tu conduis sans permis ou avec un permis d’une catégorie qui ne couvre pas ta moto, la sanction frappe fort. En effet, l’article 10 du Code de la route 2013 prévoit une amende de 1 000 000 à 2 000 000 FCFA et un emprisonnement d’un à trois ans. Dans ce cas, la police peut alors immobiliser le véhicule et établir un procès-verbal. Cependant, l’agent doit consigner la saisie par écrit, pas la régler au bord de la route.

2. Conduite malgré une suspension ou annulation du permis

L’article 12 du Code de la route punit d’un à deux ans d’emprisonnement celui qui continue à conduire malgré une décision administrative de suspension ou d’annulation. Dans ce cas précis, la police peut saisir le véhicule pour empêcher la poursuite de l’infraction.

3. Véhicule non conforme aux normes techniques

Phares, feux, plaques, éclairage non conforme : l’article 14 du Code de la route prévoit une amende de 200 000 à 500 000 FCFA et jusqu’à deux ans de prison. Toutefois, le policier peut immobiliser la moto le temps de dresser le PV, mais il ne peut pas garder les clés à titre de garantie personnelle.

4. Refus d’obtempérer à un contrôle

Si tu n’obéis pas à une injonction claire d’un agent visiblement identifié (uniforme, brassard), l’article 19 du Code de la route te rend passible des mêmes peines que la conduite sans permis. Mais cela suppose un agent en uniforme réglementaire et une sommation non équivoque.

5. Consignation ou mise en fourrière (article 27)

C’est le seul cadre qui permet de retenir légalement un véhicule au-delà du contrôle. Par ailleurs, l’article 27 du Code de la route précise que si le contrevenant ne justifie pas d’un domicile ou d’un emploi sur le territoire togolais, un agent peut retenir le véhicule jusqu’au versement d’une consignation au Trésor public. Or en pratique, tous les zémidjans de Lomé ont un domicile et un travail : ce motif ne peut donc pas leur être opposé sauf cas très exceptionnel.

Loi vs pratique : Le texte parle de « consignation au Trésor public ». En réalité, 9 contrôles routiers sur 10 au Togo se règlent cash au bord de la route, sans jamais passer par un guichet public. Les policiers exigent des sommes entre 1 000 et 10 000 FCFA sans remettre de reçu. Cette pratique viole l’article 27, mais elle reste massive. Ton seul levier : exiger systématiquement un procès-verbal écrit, ou filmer discrètement l’échange avec ton téléphone.

Ce que dit la loi. « Sauf le cas de versement d’une amende forfaitaire de police de la circulation, lorsque l’auteur d’une infraction se trouve hors d’état de justifier d’un domicile ou d’un emploi sur le territoire togolais, le véhicule ayant servi à commettre l’infraction pourra être retenu jusqu’au versement à un comptable du trésor public d’une consignation destinée à garantir le paiement des condamnations éventuelles. »

Source : Article 27, Code de la route togolais du 4 juin 2013

Et pour ton permis : les cas de retrait du décret de 2022

À retenir. Pour retenir ta moto au-delà du contrôle, le seul cadre prévu reste l’article 27. Pour ton permis, l’article 29 du décret n° 2022-085/PR cite d’autres cas de retrait (conduite sous l’effet de substances, accident corporel grave ou mortel, refus des tests de vérification, délit de fuite, refus d’obtempérer, fausses plaques), et sa liste n’est pas limitative. Mais dans tous les cas, l’agent doit dresser un procès-verbal et, s’il prend ton permis, te remettre un récépissé de saisie.

La vraie procédure légale : consignation au Trésor, pas cash au policier

Beaucoup de conducteurs croient qu’on peut « arranger » avec le policier au bord de la route. C’est faux. En réalité, la procédure officielle diffère totalement et passe par trois acteurs distincts : l’agent qui constate, le Trésor public qui encaisse, le tribunal qui décide.

Étape 1 : constatation et procès-verbal

Le policier constate l’infraction et rédige un procès-verbal. Tu dois recevoir une copie ou au minimum le numéro du PV. Sans PV, la saisie permis moto Togo n’existe pas juridiquement. De plus, le Code de procédure pénale impose aux officiers de police judiciaire de dresser des procès-verbaux pour toutes les opérations qu’ils effectuent.

Étape 2 : versement de la consignation au Trésor public

Si un agent retient ton véhicule, tu dois verser la consignation directement au Trésor public, pas au policier. En effet, l’agent ne peut pas encaisser lui-même. Par ailleurs, le président du tribunal compétent fixe le montant sur simple requête de l’agent. Le juge statue dans un délai maximum de 5 jours.

Étape 3 : restitution du véhicule

Dès que tu as versé la consignation au Trésor public, l’agent doit te restituer le véhicule. Si le juge ne statue pas dans les 5 jours, l’administration restitue également le véhicule d’office. Ce n’est qu’à défaut de garantie fournie que la police peut envoyer la moto en fourrière, à la charge du propriétaire.

Loi vs pratique : En théorie, la procédure se boucle en 5 jours maximum. Sur le terrain, la réalité est plus dure. Les zémidjans qui tentent de suivre la voie officielle attendent souvent 2 à 4 semaines pour récupérer leur moto : délais au greffe, dossier « perdu », officier absent, fourrière qui ajoute des frais quotidiens. Beaucoup finissent par céder et payer un « arrangement » pour débloquer plus vite. Si tu choisis la voie légale, prévois de relancer activement chaque 48h et d’emmener un parent ou un ami comme témoin à chaque visite.
Bon à savoir : Dans la pratique togolaise, l’immense majorité des zémidjans a un domicile connu. Par conséquent, la consignation de l’article 27 ne devrait presque jamais s’appliquer à eux. Quand un policier veut retenir ta moto « pour garantie », demande-lui le procès-verbal et précise que tu habites à Bè, à Hanoukopé, à Adétikopé : cela suffit juridiquement à empêcher la rétention.

Saisie sans PV ni reçu : les signes d’une opération illégale

Si un agent te prend ton permis ou ta clé sans te remettre de document, tu assistes à une opération non conforme au droit. En effet, le Code de procédure pénale encadre strictement les saisies et impose des garanties précises. Ainsi, une saisie permis moto Togo sans PV n’a aucune valeur juridique.

Permis saisi : ce que dit le décret de 2022

Pour le permis de conduire, un texte précis s’applique : le décret n° 2022-085/PR du 3 août 2022, pris en application du Code de la route, dont l’article 9 lui confie le retrait, la suspension et l’annulation du permis. Il impose deux papiers à l’agent qui prend ton permis.

Ce que dit la loi. « L’agent préposé au contrôle routier ou l’officier de police judiciaire qui saisit le permis de conduire dresse un procès-verbal de constatation de l’infraction et délivre au contrevenant un récépissé de saisie. Le récépissé tient lieu de preuve de saisie du permis. Il ne donne pas lieu à l’autorisation de conduire au contrevenant. »

Source : Article 30, alinéas 1 et 2, décret n° 2022-085/PR du 3 août 2022

Où part ton permis, et qui peut le suspendre

  • Deux papiers, pas un seul : le procès-verbal ET le récépissé. Le récépissé est ta preuve que ton permis est entre les mains de l’administration.
  • Le récépissé ne te permet pas de conduire. Tant que ton permis est saisi, tu ne peux pas reprendre la route avec ce papier.
  • Ton permis quitte le commissariat : l’agent le transmet, avec une copie du procès-verbal, à la direction chargée des transports routiers ou à la direction régionale des transports routiers compétente (article 30, alinéa 3). C’est là qu’il faut le suivre.
  • Le policier ne décide pas de la suspension. C’est le directeur chargé des transports routiers qui la prononce, pour 15 jours à 1 an, après avis d’une commission technique de retrait et de restitution du permis (articles 31 et 37).
  • L’annulation relève d’un arrêté du ministre chargé des transports routiers (article 32). Le ministre fixe alors un délai de 1 à 4 ans pendant lequel tu ne peux pas prétendre à un nouveau permis, et l’arrêté d’annulation peut être contesté devant le juge administratif (article 34).
Ce que le décret ne dit pas : il ne fixe aucun délai pour te rendre ton permis saisi. L’article 36 renvoie les conditions et la procédure de retrait, de suspension et d’annulation à un arrêté conjoint des ministres des transports routiers et de la sécurité, et l’article 37 renvoie à un autre arrêté la composition des commissions. Ces arrêtés ne figurent pas dans notre corpus : nous ne pouvons donc pas te citer de délai officiel. Muni de ton récépissé, renseigne-toi directement auprès de la direction des transports routiers ou de sa direction régionale.

Le cas de Kodjo : feu grillé, permis retiré

Griller un feu ne figure pas dans la liste de l’article 29, mais cette liste dit « notamment » : le retrait du permis n’est donc pas illégal en soi. Ce qui l’est, c’est de le faire sans procès-verbal ni récépissé, et de réclamer 5 000 FCFA pour le rendre. Pour les catégories, l’âge, le prix et le renouvellement du permis, lis notre guide permis de conduire au Togo : catégories, âge, prix, renouvellement.

Inventaire et scellés : une règle des enquêtes pénales

Le Code de procédure pénale de 1983 prévoit bien que « Tous objets et documents saisis sont immédiatement inventoriés et placés sous scellés ». Mais il pose cette règle pour la perquisition menée par un officier de police judiciaire en cas de crime flagrant (article 45) et pour les saisies faites au cours d’une instruction, sous l’autorité du juge d’instruction (article 78). Elle ne décrit pas le contrôle routier ordinaire, et aucun de ces articles ne prévoit la restitution immédiate d’un objet saisi sans inventaire. Pour ton permis, le texte qui s’applique est le décret de 2022 vu ci-dessus : un procès-verbal et un récépissé de saisie.

Loi vs pratique : Sur un contrôle routier, l’agent n’a pas à dresser d’inventaire sous scellés : il doit te remettre le récépissé de saisie prévu par le décret de 2022. Dans 9 cas sur 10, le permis est gardé dans la poche de l’agent ou dans un tiroir du poste, sans aucune trace officielle. Cela rend les preuves difficiles a retrouver. Ta seule parade : noter immédiatement le matricule de l’agent et le lieu exact, prendre une photo discrète, et envoyer le tout par WhatsApp à un proche pour avoir un horodatage.

Tu as le droit de demander la restitution

Si ta moto ou tes clés ont été placées « sous main de justice » dans une procédure pénale, le Code de procédure pénale de 1983 te permet d’en réclamer la restitution : au juge d’instruction si une instruction est ouverte (article 79), ou au tribunal saisi de la poursuite (articles 351 et 352). Pour ton permis, la démarche passe d’abord par la direction des transports routiers, qui le reçoit avec le procès-verbal (article 30 du décret de 2022).

Principe du contradictoire

Ensuite, la Constitution togolaise garantit la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable. Concrètement, cela signifie que l’État ne peut pas te sanctionner sans t’avoir entendu. Or un policier qui fixe lui-même le montant de l’amende au bord de la route viole ce principe fondamental.

Attention : La seule amende que la police peut encaisser sur place reste l’amende forfaitaire de police de la circulation pour certaines infractions mineures. Un barème officiel fixe le montant, et l’agent doit remettre un reçu officiel avec numéro et tampon. Tout autre versement cash, sans reçu, constitue un paiement illégal.

Racket ou verbalisation : 3 signaux rouges pour distinguer

Reconnaître une saisie abusive peut t’éviter de perdre ton argent et surtout de renforcer un système qui exploite les zémidjans. Voici les trois signaux qui doivent t’alerter en cas de saisie permis moto Togo.

Indice Verbalisation légale Racket / saisie abusive
Procès-verbal écrit Oui, remis immédiatement avec numéro Aucun papier, seulement un prix oral
Montant de l’amende Fixé par barème officiel (Code route) Négocié, variable selon la tête du conducteur
Lieu de paiement Trésor public ou amende forfaitaire avec reçu Cash au bord de la route, sans reçu
Identification de l’agent Uniforme, matricule visible, brassard officiel Tenue incomplète, matricule masqué
Restitution du permis / moto Permis : récépissé remis, permis transmis à la direction des transports routiers. Moto : consignation au Trésor public (article 27) Conditionnée à un paiement informel

Le saviez-vous ? Selon plusieurs enquêtes de presse togolaise, certaines associations de transporteurs dénoncent publiquement les opérations de contrôle routier de 2026 comme de vrais « renforcements des rackets ». Cette situation n’enlève rien à tes droits : le racket reste un délit pénal.

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Comment récupérer après une saisie permis moto Togo : 4 étapes concrètes

Maintenant que tu connais tes droits, voici la marche à suivre pour récupérer tes biens, que la saisie soit légitime ou abusive.

Étape 1 : exige un procès-verbal écrit sur place

Avant de rendre ton permis ou tes clés, le policier doit te remettre un PV. Réclame-le calmement mais fermement. Note son nom, son matricule et l’unité dont il dépend. Par ailleurs, si possible, prends une photo du PV et de l’agent (la loi l’autorise en espace public sans cacher le matricule). Ces éléments servent de preuves essentielles pour la suite.

Étape 2 : va directement au poste ou au Trésor public

Si la police a saisi ton véhicule, rends-toi dès le lendemain au commissariat mentionné sur le PV. Demande le motif exact, le montant de la consignation et l’adresse du Trésor public. Ensuite, paie la consignation au Trésor contre reçu officiel. Avec ce reçu, retourne au poste : la moto doit te revenir.

Étape 3 : si la restitution tarde, appuie-toi sur l’article 27

Tu n’as pas à saisir toi-même le juge pour la consignation. D’après l’article 27 du Code de la route, c’est l’agent qui a constaté l’infraction qui demande au président du tribunal compétent, par une simple requête, d’en fixer le montant, et le président doit statuer dans les 5 jours qui suivent le dépôt de cette requête. Surtout, le même article oblige à te rendre le véhicule dès que tu as versé la consignation, ou si le président n’a pas statué dans ce délai. Demande donc au poste la date de dépôt de la requête : c’est à partir d’elle que courent les 5 jours. Une fois la consignation payée, ou le délai passé sans décision, retourne au poste avec ton PV et ton reçu du Trésor, et demande la restitution en citant l’article 27.

Si le poste refuse malgré tout

Deux voies restent ouvertes. Si la justice a pris ta moto en charge dans une procédure pénale (on dit qu’elle est « sous main de justice »), les articles 79, 351 et 352 du Code de procédure pénale te permettent d’en réclamer la restitution, au juge d’instruction ou au tribunal saisi de la poursuite. Et si l’agent conditionne la restitution à un paiement non prévu, c’est la plainte pour concussion décrite plus bas. Aucun des textes cités dans ce guide ne fixe le coût de ces démarches : renseigne-toi au greffe avant de déposer.

Étape 4 : récupère ta moto en fourrière si nécessaire

Si la police a envoyé la moto en fourrière, les frais de gardiennage restent à ta charge (en général 2 000 à 5 000 FCFA par jour). Cependant, si le juge qualifie la saisie d’illégale, tu pourras réclamer le remboursement de ces frais auprès de l’État, dans le cadre d’une action civile contre l’administration.

Conseil pratique : Photographie ton permis, ta carte grise et ton attestation d’assurance, et garde les images sur ton téléphone : en cas de saisie, tu auras les numéros exacts à donner à la direction des transports routiers. Mais attention : tant que ton permis est saisi, tu ne peux pas conduire, même avec le récépissé (article 30 du décret n° 2022-085/PR). Et si une suspension est ensuite prononcée, conduire malgré elle est puni d’un à deux ans de prison (article 12 du Code de la route). Pour continuer à gagner ta vie, prévois un autre conducteur pour ta moto le temps de récupérer ton permis.

En cas de racket après saisie permis moto Togo : 3 recours

Si tu es certain d’avoir été victime d’un racket, la loi togolaise ne te laisse pas sans défense. Trois voies existent, et elles sont cumulables.

Recours 1 : saisir l’Inspection Générale des Services de police

L’IGS joue le rôle d’organe de contrôle interne de la Police nationale. Concrètement, tu peux déposer une réclamation écrite au commissariat central de Lomé ou au ministère de la Sécurité. Joins tous les éléments : copie du PV si tu en as, nom et matricule de l’agent, témoins, date et lieu. Ensuite, l’IGS peut ouvrir une enquête disciplinaire et saisir la justice.

Recours 2 : porter plainte pour concussion ou corruption

C’est le recours pénal. L’article 592 du Code pénal définit la concussion comme le fait, pour une personne dépositaire de l’autorité publique, de recevoir ou d’exiger une somme qu’elle sait ne pas être due. De plus, l’article 594 réprime la corruption d’agent public.

Ce que dit la loi. « Constitue une concussion, le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, de recevoir, d’exiger ou d’ordonner de percevoir à titre de droits ou contributions, impôts ou taxes publics, une somme qu’elle sait ne pas être due, ou excéder ce qui est dû. » L’auteur est puni d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende d’un à cinq millions de FCFA. La corruption est punie de cinq à dix ans de réclusion criminelle.

Source : Articles 592, 593, 594 et 595, Code pénal togolais de 2015

Où déposer ta plainte, et ce qu’elle coûte

Tu déposes la plainte auprès du procureur de la République près le tribunal de première instance. C’est lui qui reçoit les plaintes et décide de la suite à leur donner ; s’il classe l’affaire sans suite, il doit t’en aviser et t’en donner le motif (article 32 du Code de procédure pénale). L’obligation de consigner une somme au greffe que prévoit l’article 71 ne vise que la partie civile qui met elle-même en mouvement l’action publique devant le juge d’instruction, pas la plainte adressée au procureur. Aucun des textes cités ici ne fixe d’autres frais : renseigne-toi au parquet.

Recours 3 : alerter les ONG et associations de défense des droits

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) ou des syndicats de conducteurs peuvent t’appuyer. Ils collectent les témoignages, documentent les pratiques abusives, et interpellent les autorités. Un cas isolé peut sembler faible, mais accumulés, ils obligent l’État à réagir.

Loi vs pratique : Les articles 592 et 594 du Code pénal existent depuis 2015. En pratique, les poursuites pour concussion contre un policier routier restent rarissimes au Togo. Plusieurs raisons : solidarité de corps entre agents, peur des représailles pour le plaignant, parquet débordé, absence de preuves filmées. Cependant, depuis 2024, quelques cas ont été médiatisés et sanctionnés après des vidéos devenues virales sur WhatsApp et TikTok. Ta meilleure arme aujourd’hui reste donc la documentation visuelle et la diffusion publique via un syndicat ou une ONG, pas la plainte individuelle isolée.

saisie permis moto Togo - conducteur de moto-taxi en recherche de client

FAQ : questions fréquentes sur la saisie permis moto au Togo

Le policier peut-il garder mon permis sans me donner un récépissé ?

Non. L’article 30 du décret n° 2022-085/PR du 3 août 2022 oblige l’agent ou l’officier de police judiciaire qui saisit ton permis à dresser un procès-verbal et à te remettre un récépissé de saisie. Ne refuse pas de remettre ton permis : la loi sanctionne aussi le refus d’obtempérer. Demande calmement le récépissé, note le nom et le matricule de l’agent, le lieu et l’heure, et si on ne te donne rien, garde ces éléments pour ta réclamation ou ta plainte.

Avec le récépissé de saisie, je peux continuer à conduire ?

Non. Le récépissé prouve seulement que l’agent a saisi ton permis : selon l’article 30 du décret de 2022, il « ne donne pas lieu à l’autorisation de conduire ». Ton permis part à la direction des transports routiers, et seul son directeur peut prononcer une suspension, de 15 jours à 1 an, après avis de la commission technique (article 31).

Combien de temps la police peut-elle garder ma moto ?

L’article 27 du Code de la route encadre strictement le délai : le président du tribunal dispose de 5 jours maximum pour statuer sur la consignation. À défaut de décision dans ce délai ou dès le versement de la consignation au Trésor public, l’administration doit te restituer le véhicule. Au-delà, tu peux saisir le juge et réclamer des dommages pour rétention abusive.

Si je paye « l’arrangement » au bord de la route, puis-je porter plainte après ?

Oui, et c’est même recommandé. Le paiement informel ne te rend pas complice de la concussion : l’agent commet l’infraction en exigeant une somme non due (article 592 du Code pénal). Note bien la date, l’heure, le lieu, la somme versée et toute information sur l’agent. Porte plainte au procureur dans les plus brefs délais : plus ta mémoire reste fraîche, plus la plainte devient solide.

Comment identifier un policier en contrôle officiel ?

Trois signes minimums : un uniforme réglementaire complet (chemise, pantalon, coiffe), un brassard ou un gilet portant le mot POLICE ou GENDARMERIE, et un matricule visible. Un véhicule de service stationné à proximité et un bloc de procès-verbaux constituent des signes supplémentaires. En cas de doute, tu peux demander poliment à voir la carte professionnelle de l’agent. Un agent honnête la présentera sans problème.

Ce qu’il faut retenir

  • La police ne peut pas saisir ton permis ou ta moto sur simple décision personnelle : il faut une infraction, et toujours un procès-verbal écrit.
  • Si l’agent prend ton permis, il doit te remettre un récépissé de saisie. Ce papier ne t’autorise pas à conduire, et seul le directeur des transports routiers peut suspendre ton permis (15 jours à 1 an).
  • Tu paies la consignation au Trésor public, jamais cash à l’agent ; le poste doit te rendre la moto dès ce versement, ou si le juge n’a pas statué dans les 5 jours (article 27 du Code de la route).
  • Le racket constitue un délit pénal (articles 592 et 594 du Code pénal) puni jusqu’à 10 ans de prison : tu peux porter plainte auprès du procureur de la République (article 32 du Code de procédure pénale).

La loi est de ton côté. Chaque zémidjan, chaque motard qui exige un PV écrit et refuse l’arrangement au bord de la route fait reculer la pratique du racket. Tu n’es pas sans défense : tu es un citoyen avec des droits reconnus par la Constitution togolaise et trois codes de loi.

Pour aller plus loin

Tu vis une situation similaire ? Consulte aussi notre guide sur les interventions policières au Togo, notre dossier sur l’indemnisation après accident de zémidjan en mission, et notre analyse du nouveau code de procédure pénale. Pour comprendre tes droits en détention, lis aussi prison sans jugement : est-ce légal ?. Enfin, si tu es passager victime d’un accident, notre article accident de zémidjan au Togo : qui paie vos soins complète ce guide.

Sources et références

Ce que disent nos lecteurs

"Mon employeur m'a licencié sans préavis après 6 ans de service, en prétextant une faute grave que je n'avais pas commise. J'ai contacté Ophelia sur WhatsApp un soir, et dès le lendemain elle m'avait expliqué mes droits selon le Code du travail togolais. Grâce à LQDD, j'ai pu négocier une indemnisation sans même passer par le tribunal."

– Kodjo, 34 ans, technicien en bâtiment à Lomé

"Mon mari est parti sans laisser d'adresse depuis plus de deux ans. Je ne savais pas si je pouvais demander le divorce, ni comment faire seule avec mes trois enfants. L'article sur l'abandon de foyer m'a tout expliqué clairement, et Ophelia m'a guidée étape par étape via WhatsApp. Je me suis sentie moins perdue, moins seule."

– Akossiwa, 31 ans, couturière à Kpalimé

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