Akouvi, 34 ans, couturière au marché d’Hédzranawoé à Lomé :

« J’ai cousu la robe de mariage d’Adjovi pour 65 000 FCFA. Elle m’a donné 10 000 FCFA d’acompte et a pris la robe « pour essayer ». Depuis trois semaines, elle bloque mes appels. Mes messages WhatsApp restent en vu sans réponse. Je n’ai aucun contrat écrit. Puis-je récupérer mon argent ? »

Une commande impayée artisan Togo ne met jamais l’artisan sans recours. Imagine la situation d’Akouvi. Tu passes trois jours à coudre une robe de mariage. Tu livres le vêtement. Le client disparaît avec, et toi tu gardes dix mille francs d’acompte pour cinquante mille francs de travail, plus les tissus que tu as avancés de ta poche.

Des milliers d’artisans togolais vivent ce scénario chaque mois : couturières, menuisiers, coiffeuses, électriciens, soudeurs, photographes. Cependant, la loi togolaise, le Code civil et l’Acte uniforme OHADA organisent trois niveaux de recours concrets, même sans contrat écrit signé. En effet, la vraie question n’est pas « ai-je un papier ? » mais « puis-je prouver la dette ? ».

De plus, cette commande impayée artisan Togo peut se régler souvent sans avocat, pour un coût maîtrisé. Voici la règle de preuve, les 5 types de preuves qui valent au tribunal, et les 4 étapes pour récupérer ton argent.

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Commande impayée artisan Togo : qui doit prouver la dette ?

Avant toute démarche, tu dois connaître la règle numéro un du droit civil togolais. Elle paraît simple mais elle change tout.

Ce que dit la loi. « Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. »

Source : Article 1315, Code civil togolais

Concrètement, si tu réclames à Adjovi les 55 000 FCFA manquants, c’est toi qui dois prouver que la commande a bien eu lieu, que le prix était bien de 65 000 FCFA, et qu’elle n’a versé que 10 000 FCFA. Le tribunal ne suppose rien.

La règle de l’écrit au-delà de 500 FCFA

Par ailleurs, l’article 1341 du Code civil togolais exige un écrit pour toute transaction dépassant 500 francs. Ce montant date de 1804 et reste formellement en vigueur. En pratique, les juges togolais appliquent cette règle avec souplesse, surtout pour les commandes d’artisanat du quotidien. Cependant, la règle reste : sans écrit, la preuve devient plus difficile.

Loi vs pratique : Le seuil de 500 FCFA de l’article 1341 est totalement dépassé : aujourd’hui presque toutes les transactions artisanales dépassent ce montant. Les juges togolais le savent et n’exigent pas l’écrit pour des petites commandes (moins de 50 000 FCFA). En revanche, dès 100 000 FCFA, un juge sérieux réclame au minimum un commencement de preuve par écrit. Conclusion concrète : pour toute commande au-dessus de 50 000 FCFA, exige au moins un échange WhatsApp clair avec devis et confirmation.

L’exception qui sauve : le commencement de preuve par écrit

En effet, la loi prévoit une porte de sortie. L’article 1347 du Code civil togolais autorise la preuve par témoins ou par indices quand il existe un « commencement de preuve par écrit ». Un SMS, un message WhatsApp, un reçu de Mobile Money, une photo du produit livré suffisent souvent à déclencher cette exception.

Bon à savoir : L’article 1348 du Code civil ajoute une autre exception. Quand le créancier n’a pas pu matériellement ou moralement se procurer un écrit (usage local, relation de confiance, transaction de rue), il peut prouver par tout moyen. Le juge apprécie souverainement. Dans le marché togolais où la parole d’artisan engage, cette exception s’applique souvent.

WhatsApp, Mobile Money, témoins : 5 preuves qui valent au tribunal

Par ailleurs, bonne nouvelle pour Akouvi : elle possède probablement plus de preuves qu’elle ne le croit. En effet, voici les cinq types de preuves reconnus par les tribunaux togolais dans une commande impayée artisan Togo.

1. Les messages WhatsApp et SMS

Tout échange textuel avec le client constitue une preuve numérique. La photo de la robe qu’il a commandée, ton devis envoyé en message, sa confirmation « je prends, je passe samedi », tout compte. Ainsi, conserve les captures d’écran avec la date visible et le numéro du client.

2. Les reçus Mobile Money (Flooz, Mixx by Yas)

Chaque transaction Flooz ou Mixx génère un SMS de confirmation avec le numéro émetteur, la date, le montant. Or, ce SMS vaut reçu officiel. De plus, tu peux demander un relevé à ton opérateur contre 500 à 2 000 FCFA. Le relevé officiel fait pleine foi devant le juge.

3. Le témoignage de deux personnes

L’article 1347 du Code civil admet la preuve testimoniale quand elle est corroborée par un commencement d’écrit. En effet, deux témoins crédibles (une cliente qui a vu l’essayage, une apprentie qui t’assistait) peuvent confirmer la commande et le prix. Le tribunal apprécie la cohérence des témoignages.

4. Les photos datées du travail fait

Une photo prise pendant la couture avec la date visible (appareil photo qui affiche la date, ou photo envoyée par WhatsApp horodatée) prouve la réalité de l’exécution. De même, une photo avec le client lors de l’essayage rend la contestation impossible.

5. Le cahier de commandes de l’atelier

Notamment, si tu tiens un cahier où tu notes chaque commande (nom, date, prix, acompte, solde), ce cahier constitue une preuve. Il vaut mieux qu’il porte ta signature et celle du client, mais même non signé, il sert de commencement de preuve par écrit.

Type de preuve Valeur juridique Comment l’obtenir
WhatsApp + photo produit Commencement de preuve (art. 1347) Capture d’écran datée
Reçu Mobile Money Preuve pleine du paiement Historique opérateur 500-2000 FCFA
2 témoins cohérents Preuve testimoniale (art. 1347) Attestation écrite signée
Photo datée du produit Preuve matérielle de livraison Sauvegarde galerie téléphone
Cahier de commandes Commencement de preuve par écrit Tenir quotidiennement

Étape 1 : la relance amiable, la lettre type et le commissaire de justice

Avant de saisir un juge, le droit togolais privilégie le règlement amiable. En pratique, 70 % des commandes impayées se règlent à cette étape si la relance est bien menée. Voici la marche à suivre.

Première relance : WhatsApp + appel

Envoie d’abord un message clair, poli, avec les éléments précis : « Bonjour Adjovi. Concernant votre robe livrée le 15 mars pour 65 000 FCFA, vous avez versé 10 000 FCFA. Il reste 55 000 FCFA à payer. Merci de régler avant le 30 avril. » Garde la capture d’écran. De plus, appelle une fois pour confirmer la réception.

Deuxième relance : lettre en recommandé

Ensuite, si rien ne bouge sous 10 jours, envoie une lettre recommandée avec accusé de réception. La Poste togolaise propose ce service pour 1 500 à 3 000 FCFA. Mentionne le montant, la date butoir, et la mention suivante : « À défaut de paiement dans un délai de 15 jours, je saisirai le tribunal compétent. »

Troisième relance : la sommation par commissaire de justice

La dernière étape avant le tribunal reste la sommation de payer délivrée par un commissaire de justice (anciennement huissier). Coût : 15 000 à 30 000 FCFA selon la ville et le montant. Cette sommation a un effet psychologique très fort sur le débiteur : elle signifie que le dossier est désormais enregistré officiellement.

Loi vs pratique : La loi définit le commissaire de justice comme un officier public ministériel neutre. Sur le terrain togolais, son travail ressemble plus à une médiation musclée qu’à un acte formel. Beaucoup commencent par appeler le débiteur pour « arranger » avant de signifier un acte. Ce service informel reste utile : environ 60 % des dossiers se règlent à ce stade sans aller au tribunal. Négocie le tarif à l’avance (parfois 10 000 FCFA suffisent) et demande une facture officielle.
Conseil pratique : Trouve le commissaire de justice le plus proche en appelant la Chambre nationale des commissaires de justice du Togo ou en demandant au greffe du tribunal de ta ville. Pour une commande de 50 000 à 200 000 FCFA, compte environ 20 000 FCFA tout compris. Le commissaire peut aussi tenter une médiation avant de délivrer l’acte.

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Étape 2 : l’injonction de payer OHADA pour une commande impayée artisan Togo

Si la relance amiable ne donne rien, la loi OHADA offre une procédure rapide et peu coûteuse. L’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution de 2023 (AUPSRVE) la prévoit.

Ce que dit la loi. « Le recouvrement d’une créance certaine, liquide et exigible peut être demandé suivant la procédure d’injonction de payer. La procédure d’injonction de payer peut être introduite lorsque la créance a une cause contractuelle. »

Source : Article 2, Acte uniforme OHADA AUPSRVE 2023

Les 3 conditions de l’article 2

Trois conditions doivent être réunies pour lancer la procédure. En premier lieu, la créance doit être certaine : personne ne la conteste valablement. Deuxièmement, elle doit être liquide : son montant est exact et précis (par exemple 55 000 FCFA, pas « environ cinquante mille »). Enfin, elle doit être exigible : le délai de paiement est dépassé.

La requête à déposer au tribunal

Tu déposes une requête écrite au président du tribunal de première instance du lieu où habite le débiteur. Joins toutes tes preuves : WhatsApp, reçu Mobile Money, témoins, photos, copie de la sommation du commissaire de justice. De plus, indique précisément le montant et la cause (prestation d’artisan livrée et non payée).

L’ordonnance du juge et la signification

Si le juge trouve la demande fondée, il délivre une ordonnance d’injonction de payer pour la somme qu’il fixe (article 5 AUPSRVE). Ensuite, tu dois signifier cette ordonnance au débiteur par un commissaire de justice dans les 3 mois (article 7). À défaut de signification dans ce délai, l’ordonnance devient non avenue.

L’opposition du débiteur (délai 15 jours)

Après la signification, le débiteur dispose de 15 jours pour faire opposition (article 10 AUPSRVE). S’il s’y oppose, le dossier bascule vers une procédure contradictoire classique. En revanche, s’il ne réagit pas, l’ordonnance devient définitive et tu peux saisir ses biens.

Loi vs pratique : La procédure d’injonction de payer OHADA annonce officiellement des délais de 1 à 2 mois. Au Togo en 2026, la réalité des tribunaux surchargés pousse les délais à 3 à 6 mois entre dépôt de requête et ordonnance exécutoire. Les greffes de Lomé et Kara connaissent des retards structurels. De plus, obtenir une vraie saisie sur les biens après ordonnance peut prendre encore 2 à 3 mois. Concrètement, prépare-toi à un marathon de 6 à 12 mois pour un dossier complet, et envisage la transaction amiable à chaque étape comme une victoire acceptable.

Étape 3 : les 3 alternatives si tu n’as vraiment aucun écrit

Certaines situations restent fragiles juridiquement. Quand tu n’as ni WhatsApp, ni reçu Mobile Money, ni témoin formel, trois alternatives gratuites ou peu coûteuses existent.

Alternative 1 : le chef de quartier ou le conciliateur local

Dans beaucoup de quartiers togolais, le chef traditionnel ou le délégué de quartier joue un rôle de conciliateur informel. Cette médiation ne coûte rien (au plus une petite contribution symbolique). De plus, elle fonctionne bien quand le débiteur vit dans le même quartier et subit la pression sociale.

Loi vs pratique : Le chef de quartier n’a aucun pouvoir juridique officiel de contrainte. Cependant, dans la réalité togolaise, son autorité morale pèse plus qu’une ordonnance de tribunal pour les petites créances du quotidien. Un client qui refuse de payer devient vite isolé dans son quartier, perd son crédit chez les autres commerçants, et finit par négocier. Cette voie règle environ 40 % des impayés d’artisan sans jamais toucher le système judiciaire officiel. Elle reste la plus rapide et la moins coûteuse.

Alternative 2 : le tribunal de simple police pour les petites sommes

Pour les créances inférieures à 500 000 FCFA, la procédure orale simplifiée existe devant le juge de section ou le tribunal de première instance selon la ville. Le dépôt coûte entre 5 000 et 10 000 FCFA de timbres. Tu peux te présenter seul, sans avocat. Apporte tous tes éléments de preuve, même imparfaits.

Alternative 3 : la médiation associative

Plusieurs associations togolaises (FEDAPH, GF2D, OATO-Togo) proposent des services de médiation gratuits pour les artisans et les femmes commerçantes. Elles envoient une invitation au débiteur et tentent un accord amiable enregistré. Or, cet accord signé vaut titre exécutoire s’il est homologué par le juge.

Attention : Ne pratique JAMAIS la justice privée. Aller récupérer ton bien de force, bloquer le domicile du client, saisir toi-même son téléphone : tu deviens toi-même coupable de vol, d’extorsion ou de violation de domicile (articles 362 à 380 du Code pénal togolais 2015). Toujours passer par le droit, même quand ça paraît lent.

Étape 4 : se protéger pour la prochaine commande impayée artisan Togo

Une fois l’affaire réglée, protège ton atelier pour ne plus revivre cette situation. Cinq réflexes changent tout.

Réflexe 1 : toujours un devis écrit, même basique

Un simple carnet avec papier carbone suffit. Remplis : nom du client, numéro de téléphone, description du travail, prix total, acompte versé, date de livraison. Fais signer le client. Cette pratique transforme ta parole en preuve écrite et décourage les mauvais payeurs.

Réflexe 2 : acompte minimum 30 % avant de commencer

Pour les commandes d’artisanat, exige systématiquement 30 à 50 % d’acompte avant de lancer le travail. De plus, pour les tissus ou matériaux coûteux, demande 100 % de la matière première. Cette règle filtre les clients sérieux.

Réflexe 3 : confirmer chaque étape par WhatsApp

Envoie un message à chaque étape : « Confirmation commande », « Photo du tissu », « Photo de la coupe », « Photo de la livraison ». Chaque message avec photo horodatée devient une preuve si le client conteste plus tard.

Réflexe 4 : ne livrer qu’après paiement intégral

Ne remets le produit fini qu’à réception du solde. Pour les commandes importantes, organise un essayage à ton atelier sans remettre le vêtement. En revanche, si le client insiste pour « prendre pour essayer à la maison », fais-le signer un reçu d’emprunt avec restitution sous 48h.

Réflexe 5 : tenir un cahier de commandes visible

Un cahier épais, toujours sur ton poste de travail, où chaque commande est notée devant le client. Cette simple pratique a un effet dissuasif puissant. Par ailleurs, en cas de litige, le cahier sert de commencement de preuve par écrit devant le juge.

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FAQ : questions fréquentes sur la commande impayée artisan au Togo

Mon client refuse de signer un devis, je fais quoi ?

Envoie le devis par WhatsApp et demande simplement une confirmation écrite : « Confirmez-moi que vous acceptez ce prix pour commencer ». Si le client répond « ok » ou « d’accord », tu disposes d’un commencement de preuve par écrit (article 1347 du Code civil). S’il refuse même de répondre à WhatsApp, c’est un signal rouge : ne commence pas la commande ou demande un acompte de 50 % minimum.

Les messages WhatsApp suffisent-ils au tribunal togolais ?

Oui, avec des nuances. Un message isolé ne suffit pas toujours, mais un fil de conversation cohérent (devis, confirmation, photos, discussions de retouches) constitue un solide commencement de preuve par écrit. Le juge apprécie l’ensemble. Pour renforcer, joins une attestation sur l’honneur du propriétaire du numéro et, si possible, un certificat de WhatsApp Business ou un relevé d’opérateur télécom.

Combien coûte une injonction de payer pour une créance de 50 000 FCFA ?

Compte environ 25 000 à 40 000 FCFA au total : timbres fiscaux (3 000 à 5 000 FCFA), enrôlement au tribunal (5 000 à 10 000 FCFA), signification par commissaire de justice (15 000 à 25 000 FCFA). Si tu gagnes, les frais peuvent être mis à la charge du débiteur. Cependant, la procédure devient rentable à partir de 80 000 à 100 000 FCFA de créance. En dessous, privilégie la médiation associative gratuite.

Puis-je aller saisir le bien livré s’il est encore chez le client ?

Non, jamais toi-même. Mais si le produit te sert de garantie (par exemple un ordinateur à réparer que tu gardes), tu disposes d’un droit de rétention (article 1948 du Code civil) tant que le client ne paie pas. En revanche, une fois livré, tu ne peux récupérer le bien que par une procédure de saisie-revendication, déclenchée par ordonnance d’un juge et exécutée par un commissaire de justice (AUPSRVE articles 226 à 238).

Ce qu’il faut retenir

  • La charge de la preuve pèse sur toi (article 1315 Code civil) : garde WhatsApp, reçus Mobile Money, photos et témoins comme preuves cumulables.
  • L’injonction de payer OHADA (articles 2 à 17 AUPSRVE) coûte 25 000 à 40 000 FCFA et débloque la plupart des impayés en 1 à 2 mois.
  • Cinq réflexes évitent 90 % des litiges : devis écrit, acompte 30 %, WhatsApp à chaque étape, paiement avant livraison, cahier de commandes tenu au quotidien.

La loi te protège, à condition de préparer tes preuves. Tu n’es pas sans défense face au client indélicat : trois niveaux de recours existent, du plus léger (relance amiable) au plus structuré (injonction de payer OHADA). La clé, c’est l’anticipation.

Tu vis une situation similaire ? Consulte aussi notre guide sur le recouvrement de facture impayée, notre dossier médiation et arbitrage OHADA, et notre article sur la création d’entreprise au Togo. Pour protéger ton activité, lis aussi SARL ou entreprise individuelle et zone franche au Togo.

Sources et références

Ce que disent nos lecteurs

"Mon employeur m'a licencié sans préavis après 6 ans de service, en prétextant une faute grave que je n'avais pas commise. J'ai contacté Ophelia sur WhatsApp un soir, et dès le lendemain elle m'avait expliqué mes droits selon le Code du travail togolais. Grâce à LQDD, j'ai pu négocier une indemnisation sans même passer par le tribunal."

Kodjo, 34 ans, technicien en bâtiment à Lomé

"Je voulais changer le nom de famille de mes enfants après le décès de leur père. Je pensais que c'était impossible. LQDD m'a expliqué la procédure exacte et les conditions légales au Togo. En quelques semaines j'avais toutes les pièces à rassembler, j'aurais jamais su par où commencer sans eux."

Ayélé, 39 ans, infirmière à Kara

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