Le Togo prépare une révolution pour ses consommateurs. En effet, un projet de loi sur la protection des consommateurs au Togo attend son adoption par le Parlement. Le Conseil des ministres l’a examiné en première lecture le 22 janvier 2025. Ce texte remplacera une législation vieille de 25 ans.

Concrètement, pourquoi cette réforme est-elle urgente ? Tout simplement parce que le cadre actuel date de décembre 1999. Il ne protège plus les Togolais face aux pratiques commerciales modernes. De plus, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) a relancé le débat le 15 mars 2026. À l’occasion de la Journée mondiale des droits des consommateurs, il presse le gouvernement d’accélérer l’adoption.

Protection des consommateurs au Togo : pourquoi une nouvelle loi ?

Actuellement, la protection des consommateurs au Togo repose sur un texte de décembre 1999. Or, en 25 ans, le marché togolais a profondément changé. Le commerce en ligne explose. Les services mobiles se multiplient. Les pratiques commerciales se complexifient.

Par conséquent, le gouvernement modernise ce cadre. Le Conseil des ministres a examiné en première lecture, le 22 janvier 2025, un projet de loi sur la concurrence et la protection des consommateurs.

Ce que dit le gouvernement :
Le texte vise à « mettre à jour le cadre réglementaire national sur la concurrence, permettant le contrôle des pratiques commerciales tout en assurant efficacement la protection des consommateurs. »
– Conseil des ministres, 22 janvier 2025

Plus précisément, cette réforme répond à trois impératifs :

  • Le texte de 1999 est obsolète : il ne couvre ni le commerce en ligne, ni les services numériques
  • L’alignement régional : l’UEMOA a adopté en juin 2023 une directive que le Togo doit transposer
  • La ZLECAf : l’ouverture des marchés africains exige des règles claires pour protéger les consommateurs locaux
Bon à savoir : Le Togo dispose déjà de dispositions sur la protection des consommateurs dans le commerce électronique (articles 24 à 27 de la loi n° 2017-007 sur les transactions électroniques). Toutefois, ces règles restent limitées aux achats en ligne et ne couvrent pas le commerce traditionnel.

Homme dans une boutique de quartier au Togo, entre les sacs de marchandises

Les quatre droits fondamentaux réclamés par le MMLK

Le 15 mars 2026, le MMLK, dirigé par le Pasteur Edoh Komi, a interpellé le gouvernement. En particulier, il a identifié quatre droits fondamentaux que la nouvelle loi doit garantir.

Droit fondamental Ce que cela signifie pour vous
Droit à la sécurité Les produits vendus au Togo doivent respecter des normes de sécurité. Vous ne devez pas risquer votre santé en achetant un produit sur le marché.
Droit à l’information Le vendeur doit vous informer clairement sur le prix, la composition, la date de péremption et l’origine des produits.
Droit au choix Le marché doit offrir une concurrence saine. Aucune entreprise ne doit imposer un monopole qui élimine vos alternatives.
Droit d’être entendu En cas de litige, vous devez disposer de recours accessibles pour faire valoir vos droits face à un commerçant ou une entreprise.

Le thème choisi pour 2026 résume l’enjeu : « Des produits sûrs, des consommateurs confiants. » Autrement dit, la protection des consommateurs au Togo passe d’abord par la garantie que ce que vous achetez ne vous met pas en danger.

Attention : En l’absence de loi adoptée, les consommateurs togolais disposent aujourd’hui de très peu de recours légaux en cas de produit dangereux, de publicité mensongère ou de pratique commerciale abusive. C’est pourquoi le MMLK qualifie cette adoption d’urgente.

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L’UEMOA fixe le cap : la directive de juin 2023

Le Togo ne légifère pas seul. En effet, l’UEMOA a adopté en juin 2023 une directive régionale sur la protection des consommateurs. Elle s’applique aux huit États membres et impose un cadre juridique harmonisé.

D’ailleurs, les 20 et 21 mars 2025, Lomé a accueilli un atelier national. Le ministère du Commerce l’a organisé avec la Commission de l’UEMOA. Des acteurs de tous les secteurs y ont participé.

Selon Comlan Nomadoli Yakpey, secrétaire général du ministère du Commerce, cette transposition doit devenir « un levier de gouvernance économique. » Par ailleurs, Tankari Ibrahim (UEMOA) a annoncé la création d’un comité consultatif régional.

En pratique : La directive UEMOA vise à renforcer l’équilibre entre les consommateurs et les entreprises opérant dans le marché commun. Pour le Togo, cela signifie des normes plus strictes sur l’information produit, la qualité et l’indemnisation en cas de dommage.

Où en est le projet de loi en juillet 2026 ?

Voici la chronologie du projet de loi sur la protection des consommateurs au Togo :

Date Événement Statut
Décembre 1999 Adoption de la loi actuelle sur la concurrence et la protection des consommateurs En vigueur (obsolète)
Juin 2023 Adoption de la directive UEMOA sur la protection des consommateurs À transposer
Septembre 2024 Publication de l’avant-projet de loi par le ministère du Commerce Consultation
22 janvier 2025 Examen en première lecture par le Conseil des ministres Première lecture
20-21 mars 2025 Atelier de sensibilisation UEMOA à Lomé Formation
15 mars 2026 Le MMLK presse le gouvernement d’adopter la loi En attente au Parlement
1er avril 2026 Adoption du projet de loi par le Conseil des ministres Transmis au Parlement
26 juin 2026 Adoption en première lecture par l’Assemblée nationale (5e séance plénière) Première lecture
7 juillet 2026 Clôture de la première session ordinaire 2026 sans adoption définitive Toujours un projet de loi
Mise à jour du 27 juillet 2026 : le texte a avancé, mais il n’est toujours pas une loi. Le Conseil des ministres l’a adopté le 1er avril 2026, puis l’Assemblée nationale l’a voté en première lecture le 26 juin 2026. Une première lecture n’est pas une adoption définitive : le texte doit encore achever son parcours parlementaire, puis être promulgué par le président de la République. La session ordinaire s’est close le 7 juillet 2026 sans que cette étape soit franchie. Jusque-là, c’est la loi n° 99-011 du 28 décembre 1999 qui s’applique.

Ce que la loi pourrait changer pour les Togolais

Concrètement, si le Parlement adopte cette loi, votre quotidien changera sur plusieurs points :

  • Des recours plus accessibles : en cas de produit défectueux, vous aurez des mécanismes de plainte clairs
  • Une concurrence plus saine : la loi visera les monopoles et les ententes sur les prix
  • Une meilleure information : les commerçants devront afficher prix, composition et garanties
  • Une protection renforcée en ligne : le e-commerce au Togo aura un cadre juridique complet
  • Un soutien à l’entrepreneuriat local : la loi protégera les entreprises togolaises face à la concurrence étrangère
Point positif : La loi de 2017 sur les transactions électroniques protège déjà les achats en ligne (article 24). La nouvelle loi étendrait ces règles à tout le commerce au Togo.

FAQ – Protection des consommateurs au Togo

Existe-t-il une loi sur la protection des consommateurs au Togo aujourd’hui ?

Oui, le Togo dispose d’une loi datant de décembre 1999 sur la concurrence et la protection des consommateurs : la loi n° 99-011 du 28 décembre 1999, toujours en vigueur en juillet 2026. Cependant, elle ne couvre pas le commerce en ligne ni les pratiques commerciales modernes. Un nouveau projet de loi la remplacera : adopté par le Conseil des ministres le 1er avril 2026, il a été voté en première lecture par l’Assemblée nationale le 26 juin 2026. Il n’est pas encore adopté définitivement ni promulgué.

Que faire si un commerçant refuse de rembourser un produit défectueux ?

En l’absence de loi spécifique moderne, vous pouvez invoquer les règles générales du Code civil togolais sur la garantie des vices cachés (articles 1641 et suivants). Vous pouvez aussi saisir la Direction du commerce ou contacter une association de consommateurs comme le MMLK. Si le produit a été acheté en ligne, la loi de 2017 sur les transactions électroniques vous protège (articles 24-27).

Le MMLK peut-il m’aider si j’ai un litige avec un commerçant ?

Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) est une organisation de défense des droits des citoyens au Togo. Il mène des actions de plaidoyer pour la protection des consommateurs et peut orienter les citoyens. Pour les litiges individuels, vous pouvez aussi saisir la Direction du commerce du ministère compétent ou porter plainte au commissariat si une infraction pénale a été commise (escroquerie, tromperie).

En attendant, les Togolais ne sont pas totalement démunis. Pour les achats en ligne, la loi sur le e-commerce au Togo offre des protections. De même, si vous êtes victime d’une escroquerie, consultez notre guide sur comment porter plainte au Togo. Enfin, si votre entreprise subit une concurrence déloyale, découvrez le droit des sociétés au Togo.

Par ailleurs, la nouvelle loi sur la microfinance de mars 2026 prouve que le Parlement peut agir vite. Les consommateurs togolais attendent le même traitement.

Ce que disent nos lecteurs

"Mon mari est parti sans laisser d'adresse depuis plus de deux ans. Je ne savais pas si je pouvais demander le divorce, ni comment faire seule avec mes trois enfants. L'article sur l'abandon de foyer m'a tout expliqué clairement, et Ophelia m'a guidée étape par étape via WhatsApp. Je me suis sentie moins perdue, moins seule."

Akossiwa, 31 ans, couturière à Kpalimé

"J'achetais un terrain à Lomé et le vendeur me pressait de signer sans titre foncier propre. L'article de LQDD sur le titre foncier m'a ouvert les yeux sur les risques réels, et j'ai pu poser les bonnes questions avant de signer. Ça m'a probablement évité une arnaque à plusieurs millions."

Mensah, 47 ans, commerçant à Sokodé

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