Vous misez sur les matchs de Ligue 1, vous grattez un ticket LONATO ou vous tentez votre chance en ligne ? Désormais, depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle règle fiscale change la donne. En effet, la taxe sur les gains de paris et de jeux de hasard est une réalité au Togo : l’État prélève 5 % sur les gros gains, directement à la source. Toutefois, elle ne concerne pas tout le monde, et la loi se révèle plus précise que les rumeurs ne le laissent croire.
Concrètement, cette mesure découle de la loi de finances 2026 (loi n°2025-002). Elle vise à élargir l’assiette fiscale et à mieux encadrer un secteur en pleine explosion. Voici, sans jargon, ce qui change pour vous, joueur ou parieur.
Dernière mise à jour : 16 juin 2026
Ce que dit la loi : 5 % sur les gros gains depuis 2026
La loi de finances 2026 a créé un nouvel article dans le Livre des procédures fiscales (LPF). Désormais, cet article oblige les organisateurs de jeux à retenir une part de chaque gros gain avant de vous le verser.
Ce que dit la loi :
« Les loteries, les maisons de jeux et toutes autres entités exerçant une activité de jeux de hasard effectuée en ligne ou non, sont tenues d’opérer une retenue à la source libératoire sur chaque gain payé au parieur. Le taux de la retenue est fixé à 5%. »
Source : Article 99-bis, Livre des procédures fiscales (loi de finances 2026)
En clair : quand vous gagnez une somme importante, l’opérateur ne vous remet pas la totalité. Il garde 5 % et les transmet à l’Office togolais des recettes (OTR). Par ailleurs, le mot « libératoire » a son importance : une fois ce prélèvement effectué, vous ne devez plus rien déclarer ni payer sur ce gain. Ainsi, l’impôt se règle d’un coup, à la source.

Cette taxe n’arrive pas par surprise. En effet, le projet circulait depuis 2024 et figurait déjà sur la table des députés. Finalement, le dispositif fonctionne depuis le 1er janvier 2026, en même temps que le reste de la loi de finances.
Qui paie la taxe sur les gains, qui est exonéré ?
D’abord, une bonne nouvelle : la grande majorité des parieurs ordinaires échappent à cette taxe. En effet, la loi fixe un seuil clair. En dessous, vous ne payez rien.
Ce que dit la loi :
« Sont également exonérés, les gains tirés des paris et autres jeux de hasard dont le montant n’excède pas cinq cent mille (500 000) francs CFA par gain. »
Source : Article 36, Code général des impôts (loi de finances 2026)
Autrement dit : tant qu’un gain ne dépasse pas 500 000 FCFA, la loi l’exonère totalement. La retenue de 5 % ne frappe donc que la part qui dépasse ce seuil. Vous gagnez 50 000 FCFA sur un pari sportif ? Vous touchez tout. De même, un ticket gagnant de 300 000 FCFA ne subit aucune retenue.
Le seuil de 500 000 FCFA s’apprécie par gain, pas par an
Deuxième point capital : la loi raisonne par gain, et non sur l’année. Ce n’est donc pas le total annuel de vos gains qui compte, mais le montant de chaque gain pris isolément.
Comment la taxe sur les gains est-elle prélevée ?
Bonne nouvelle : vous n’avez aucune démarche à faire. C’est tout l’intérêt de la « retenue à la source ». En effet, l’organisme payeur (la LONATO, une maison de jeux, un opérateur agréé) s’occupe de tout. Il calcule, retient et reverse à votre place.
Concrètement, la loi prévoit le mécanisme suivant :
- Au moment du paiement : l’opérateur retient 5 % de votre gain (s’il dépasse le seuil) avant de vous remettre le reste.
- Avant le 15 du mois suivant : il verse à la caisse du receveur des impôts, contre quittance, les montants qu’il a retenus.
- Avec une déclaration : il joint une liste nominative indiquant le nom du parieur, son numéro d’identification fiscale (NIF) s’il y a lieu, le montant du gain et le montant retenu.
Un exemple chiffré rend la chose limpide.
| Montant du gain | Taxé ? | Retenue (5 %) | Vous touchez |
|---|---|---|---|
| 50 000 FCFA | Non (exonéré) | 0 FCFA | 50 000 FCFA |
| 500 000 FCFA | Non (n’excède pas le seuil) | 0 FCFA | 500 000 FCFA |
| 800 000 FCFA | Oui | 40 000 FCFA | 760 000 FCFA |
| 2 000 000 FCFA | Oui | 100 000 FCFA | 1 900 000 FCFA |
Par ailleurs, le NIF que mentionne la déclaration correspond au même numéro fiscal qu’exigent de nombreuses démarches au Togo. Si vous ignorez comment l’obtenir, notre guide détaille les étapes pour obtenir votre NIF en ligne.
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LONATO, Premier Bet, 1xBet : qui prélève vraiment ?

C’est ici que la théorie et la réalité du terrain divergent. Sur le papier, la loi vise « toutes les entités » de jeux de hasard, en ligne ou non. En pratique, cependant, seuls les opérateurs ayant une existence fiscale au Togo appliquent réellement la retenue.
Au Togo, la Loterie nationale togolaise (LONATO) détient le monopole de l’organisation des jeux. De plus, un seul opérateur privé, Premier Bet, dispose de l’agrément officiel de la LONATO pour les jeux en ligne. Ces acteurs, qui exercent au Togo, peuvent donc retenir les 5 % et les reverser à l’OTR.
Pourquoi les plateformes étrangères échappent à la retenue
Le problème vient des plateformes étrangères. En effet, des applications très populaires comme 1xBet opèrent via des sociétés qui siègent hors du Togo : 1xBet passe par Caecus N.V., à Curaçao, sous licence du régulateur de Curaçao. Ainsi, ces plateformes ne possèdent ni agrément togolais, ni entité fiscale dans le pays.
Pourquoi ce vide ? Tout simplement parce que le Togo ne dispose pas encore d’une loi spécifique encadrant les jeux d’argent en ligne. La loi n’interdit pas les jeux, mais cette absence de cadre laisse la porte ouverte aux bookmakers étrangers, hors du contrôle de la LONATO et de l’OTR.
D’ailleurs, cette logique de traçabilité de l’argent rejoint les obligations que nous avons détaillées dans notre article sur la loi anti-blanchiment 2026.
Le Togo dans la sous-région : un taux modéré
Avec ses 5 %, le Togo se classe parmi les pays les plus cléments de la sous-région. En effet, plusieurs voisins ont durci la fiscalité des jeux ces dernières années.
| Pays | Taux sur les gains | Seuil / champ |
|---|---|---|
| Togo | 5 % | Gains supérieurs à 500 000 FCFA |
| Sénégal | 20 % | Jeux régulés (physique et en ligne), depuis nov. 2025 |
| Côte d’Ivoire | 7,5 % | Gains supérieurs à 1 000 000 FCFA, depuis 2018 |
| Burkina Faso | 5 % | Objectif d’uniformisation autour de 5 % |
Ainsi, le Togo s’aligne sur le Burkina Faso, loin des 20 % sénégalais. Cette modération s’explique : l’État cherche un équilibre entre rentrée fiscale et risque de pousser les joueurs vers les plateformes clandestines, encore plus difficiles à taxer. Par ailleurs, cette quête de recettes publiques rejoint la dynamique décrite dans notre article sur le plafonnement des taux de la microfinance ou sur la nouvelle loi microfinance 2026.
Enfin, les gains importants relèvent de la catégorie des revenus, comme ceux que l’impôt sur le revenu frappe habituellement. Pour comprendre comment l’État impose les revenus des personnes physiques, consultez notre guide sur le barème de l’IRPP 2026.
FAQ : questions fréquentes sur la taxe sur les gains de paris
Mes petits gains de paris sont-ils taxés au Togo ?
Non. La taxe sur les gains ne vise que les gains supérieurs à 500 000 FCFA, pris gain par gain. Tant qu’un gain n’excède pas 500 000 FCFA, la loi l’exonère totalement. La grande majorité des parieurs ordinaires échappent donc à cette taxe.
Dois-je déclarer moi-même mes gains de jeux ?
Non, pour les gains versés par un opérateur agréé. La retenue de 5 % reste « libératoire » : l’organisme payeur (LONATO, maison de jeux) l’opère à la source. Une fois la retenue effectuée, vous ne devez plus rien déclarer ni payer sur ce gain.
Le seuil de 500 000 FCFA, c’est par pari ou par an ?
Par gain. La loi raisonne « par gain », et non par cumul annuel. Plusieurs gains de moins de 500 000 FCFA ne subissent donc aucune retenue, même si leur total dépasse ce montant sur l’année.
Les gains gagnés sur 1xBet ou une application étrangère sont-ils taxés ?
En pratique, ces plateformes étrangères n’opèrent aucune retenue, faute d’entité fiscale au Togo. Le prélèvement de 5 % ne s’y applique donc pas automatiquement. Attention toutefois : l’impôt sur le revenu vise toujours ce gain au Togo (article 35 du Code général des impôts), même sans retenue à la source.
Que risque un opérateur qui ne prélève pas la taxe ?
La loi oblige l’opérateur agréé à opérer la retenue puis à la reverser à l’OTR avant le 15 du mois suivant, avec une déclaration nominative. Un opérateur qui s’abstient s’expose aux sanctions fiscales prévues pour défaut de retenue à la source, dont une amende.
Ce qu’il faut retenir
- 5 % sur les gros gains : depuis le 1er janvier 2026, une retenue à la source de 5 % frappe les gains de paris et jeux de hasard au-delà de 500 000 FCFA par gain.
- Les petits joueurs restent tranquilles : en dessous de ce seuil, la loi exonère totalement les gains.
- Une taxe à deux vitesses : elle vise surtout les opérateurs agréés (LONATO, Premier Bet), tandis que les plateformes étrangères non agréées y échappent, faute de cadre sur les jeux en ligne.
En définitive, la taxe sur les gains marque une étape : l’État togolais veut faire des jeux de hasard une vraie source de recettes, comme ses voisins. Reste le grand chantier des paris en ligne étrangers, encore hors de portée du fisc.
Sources et références
- Loi de finances 2026 (loi n°2025-002) : articles 35, 36 et 37 du Code général des impôts et article 99-bis du Livre des procédures fiscales.
- Office togolais des recettes (OTR) : administration chargée du recouvrement de la retenue à la source.
- Togo First : entrée en vigueur de la retenue de 5 % sur les gains LONATO en 2026 et comparaisons régionales.
- Icilome : réactions des parieurs à la nouvelle retenue sur les gains LONATO.
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